Nicolas Maeterlinck

Jan Jambon invite le secteur culturel à avancer lui-même une proposition d’économies

Le ministre-président et ministre flamand de la Culture, Jan Jambon (N-VA), est venu ce jeudi présenter en commission parlementaire les coupes que son gouvernement entend imposer au secteur de la culture. La séance s’est tenue alors que plusieurs centaines de personnes étaient venues manifester contre ces mesures. Le chef de l’exécutif flamand s’est dit prêt à débattre, tout en maintenant ses projets d’économies. Lors de son intervention, CD&V et Open VLD, partenaires de majorité de la N-VA, ont eu du mal à cacher leur malaise.

Le ministre-président flamand entend réduire de 6% les subsides de fonctionnement dans le secteur culturel (sauf pour les sept institutions artistiques reconnues où l'effort serait limité à 3%) et jusqu'à 60% les subsides par projets, dont l'enveloppe de 8,47 millions d'euros cette année fondrait à 3,39 millions l'an prochain.

"Les arbres ne poussent pas jusqu'au ciel"

Au sein du Parlement, Jan Jambon a invité le secteur culturel à avancer lui-même une proposition d'économies. "Je veux débattre d'une meilleure répartition" des efforts, a-t-il affirmé. Mais il a maintenu l'ampleur des coupes budgétaires annoncées, dont il assure qu'elles touchent de la même manière d'autres secteurs subsidiés.

"Les arbres ne poussent pas jusqu'au ciel", a lancé le nationaliste flamand. Jan Jambon considère que les coupes budgétaires n'étoufferont pas la créativité. "Nous serons plus sélectifs, mais ceux qui excellent recevront toujours des possibilités de croître".

Il a ajouté que le budget global de la Culture, lui, ne baisse pas: les 482,4 millions d'euros de 2019 passeront à 482,6 millions en 2020. Et si des marges budgétaires se dégagent, elles seront affectées en priorité aux subsides par projets, a-t-il promis.

Le VB, seul soutien dans l’opposition

Pour Groen, la main tendue par Jan Jambon au secteur culturel pour qu'il propose lui-même où opérer les coupes budgétaires traduit une volonté du ministre-président de diviser le secteur, a affirmé Staf Pelckmans.

"Ca ne passera pas ! Nous serons là, avec les activistes, jusqu'à ce que vous reveniez sur ces économies", a lancé Tom De Meester (PTB), tandis que Katia Segers (SP.A) dénonçait les choix "erronés" du gouvernement.

Malaise au sein de la majorité

Dans la majorité, le CD&V et l'Open Vld n'ont pas caché un certain malaise sur les choix du ministre-président.

Karin Brouwers (CD&V) a affirmé que son parti était "choqué" par les fortes coupes budgétaires. Stephanie D'Hose (Open Vld) est allée plus loin: "je suis persuadée que vous avez pris une mauvaise décision", a-t-elle dit à Jan Jambon.

Les deux partenaires de la N-VA se sont toutefois montrés satisfaits de l'ouverture au dialogue. Mme D'Hose a même suggéré d'augmenter de 3% à 6% l'effort demandé aux institutions reconnues, de manière à réduire les coupes sur les subsides par projets.