Protestation du secteur culturel contre les coupes budgétaires, le musée SMAK fermé par solidarité

Des représentants du secteur culturel flamand et des élèves en formation artistique se sont rendus ce jeudi au Parlement flamand pour protester contre les coupes budgétaires prévues par le gouvernement Jambon. A Gand, le Musée municipal pour l’Art actuel (SMAK) a gardé porte close par solidarité.

Les protestataires se sont rassemblés à la Gare centrale de Bruxelles avant de se diriger vers le Parlement flamand, où le ministre-président et ministre de la Culture, Jan Jambon (N-VA), exposait les détails de son plan d’économies à la Commission Culture.

À Gand, la cinquantaine de membres du personnel et la direction du SMAK ont décidé d’exprimer leur solidarité en fermant les portes du musée au public. "Les économies faites aujourd'hui sur le dos des artistes les empêcheront demain d'exposer", s'inquiètent-ils.

"Nous avons aussi été des projets"

Le week-end dernier, la note de politique de Jan Jambon avait dévoilé que l’exécutif flamand comptait baisser de 60% les subsides accordés à différents projets culturels. Les subsides de fonctionnement seront, eux, aussi rabotés de 6%, un recul toutefois limité à 3% pour une poignée d'institutions reconnues telles que le Vooruit de Gand ou l'Ancienne Belgique à Bruxelles.

Mardi soir, environ 2.000 personnes s’étaient déjà réunies au Beursschouwburg à Bruxelles pour discuter des mesures à prendre pour lutter contre ces économies.

Ce jeudi, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaker et le metteur en scène Ivo Van Hove ont écrit une lettre ouverte parue dans De Standaard et intitulée "Nous aussi nous avons un jour été des projets". Ils y rappellent que le budget du secteur artistique constitue 0,35% du budget total de la Flandre.

"Les projets culturels sont d’une importance vitale pour un paysage artistique en bonne santé. Nous sommes tous deux un exemple historique de ce fait", écrivent Anne Teresa De Keersmaker et Ivo Van Hove.  

Tensions au Parlement flamand

L'atmosphère était particulièrement tendue au sein de l’assemblée flamande alors que les partis de la majorité (N-VA, CD&V, Open Vld) se sont montrés divisés sur l'opportunité de tenir un débat dans la foulée de la présentation du ministre-président, alors que ce débat n'est théoriquement programmé que dans quinze jours. C'est finalement la solution d'une intervention par groupe politique qui a été retenue.

Dans les couloirs du Parlement, la tension était palpable. Une virulente confrontation verbale a eu lieu entre une délégation des manifestants et le député Vlaams Belang Filip Brusselmans.