Gand compte ses sans-abris dans le cadre d’une étude européenne

Le chef-lieu de la Flandre orientale participe à une étude européenne de grande envergure en dénombrant les sans-abris qui se trouvent sur son territoire. A l’heure actuelle, Gand travaille avec un simple comptage, qui n’est pas réellement d’approche scientifique. L’étude doit également permettre de découvrir des sans-abris qui ne sont pas détectés actuellement. Gand esp ère ainsi pouvoir mettre à leur disposition suffisamment de lits dans les refuges hivernaux. Dès lundi, une centaine de lits seront en effet disponibles, ce qui n’est pas suffisant pour accueillir tous les sans-abris de Gand.

Chaque année, les villes de Gand et Alost prévoient un accueil hivernal pour les sans-abris citadins. L’accueil d’urgence débutait vendredi à Alost et commencera lundi à Gand. Quelque 105 lits y sont actuellement prévus, pour 24 lits à Alost. Mais tous les sans-abris ne peuvent ou ne veulent s’y rendre.

Pour pouvoir mieux évaluer l’ampleur réelle des besoins en abris hivernal, Gand participe à une nouvelle étude européenne qui doit permettre de développer une méthode scientifique et fiable de répertorier le nombre réel de sans-abris.

"A l’heure actuelle, nous envoyons déjà des gens dans la rue pour chercher les sans-abris et sans-logis et les amener vers de l’aide, mais cela reste difficile. Le groupe change en effet. Certaines personnes ne sont que temporairement à Gand, d’autres plus longtemps. Et pas tout le monde veut se faire aider. Certaines personnes restent donc aussi sous le radar", précise l’échevin Rudy Coddens (SP.A), responsable de la Lutte contre la pauvreté.

La nouvelle méthode européenne répertoriera les gens qui n’ont pas de toit. C’est important pour prévoir une aide adéquate et pour les aider à sortir de la pauvreté.

Plan hivernal

La ville de Gand propose pendant toute l’année un accueil pour la nuit aux sans-abris. Quelque 65 lits sont disponibles. On y ajoute une quarantaine de lits pendant l’hiver. "Cette année, nous ouvrons l’accueil hivernal un peu plus tôt qu’en 2018, et le maintiendrons un peu plus longtemps aussi, jusque fin mars", indique Coddens.

"Nous nous sommes aussi concertés avec d’autres villes de la région et avons ajusté nos heures d’ouverture aux leurs. Nous évitons ainsi que les sans-abris aillent d’un endroit à l’autre pour trouver refuge".

A Alost, le plan hivernal a commencé vendredi. Il offre 24 lits, alors que 10 lits sont à la disposition des sans-abris tout au long de l’année. L’accueil d’urgence restera ouvert jusque fin février à Alost.

Dans les Ardennes flamandes également, un accueil hivernal est prévu. Plusieurs communes s’y sont associées pour offrir des logements provisoires aux sans-abris.

"A Anvers personne ne devra dormir à la belle étoile"

La métropole anversoise a aussi déjà ouvert son accueil hivernal ce vendredi, au lieu du 1er décembre les années précédentes. Il fait en effet déjà plus froid la nuit. "Personne ne doit dormir à la belle étoile dans notre ville", indique l’échevin Tom Meeus (SP.A) responsable des Affaires sociales et de la Lutte contre la pauvreté. "Nous avons suffisamment de lits disponibles".

Quelque 220 lits sont prêts, mais si nécessaire d’autres peuvent encore y être ajoutés. L’accueil est surtout valable pour la nuit, mais en journée également les personnes qui ont besoin d’un abris peuvent le trouver à Anvers. Elles reçoivent alors aussi à manger, des soins médicaux et peuvent prendre une douche.

La Région-Capitale songe aussi à l’insertion durable

Bruxelles activait vendredi son plan d'accueil et d'aide d'urgence hivernal des sans-abri de la capitale. Déployé jusqu'au 30 avril prochain, le dispositif est coordonné par l'organisme bruxellois Brussels'help, pour la première fois depuis la réforme intervenue dans la foulée des travaux de la commission d'enquête sur la gestion du Samusocial.

Près de 3.200 places d'hébergement sont financées. A près de 2.150 places ouvertes toute l'année via les maisons d'accueil, dans diverses associations et au Samusocial, s'ajoutent quelque 1.050 places (740 au NewSamusocial, 250 à la Croix Rouge et 45 via un accompagnement dans des logements publics temporairement inoccupés).

La Commission communautaire commune de Bruxelles injecte près de 6,3 millions d'euros dans ce dispositif spécifique aux mois les plus durs de l'année pour ceux qui n'ont pas de toit. Le fédéral y consacre, depuis quelques années, une subvention de 1,3 million d'euros. La coordination régionale intégrée permet désormais une complémentarité des interventions et "une aide multiple et cohérente pour répondre au mieux à la diversité des situations personnelles", précise le ministre en charge de l'Aide aux personnes, Alain Maron (Ecolo).

Elle améliore aussi l'articulation entre les dispositifs de nuit, fondés avant tout sur l'hébergement, et de jour, qui ouvrent la porte aux initiatives de réinsertion sociale visant le long terme. Parmi les nouveautés, le plan 2019-2020 prévoit un renforcement du travail des douze services de jour et de leur complémentarité, et notamment une offre de siestes en journée aux SDF via l'asbl Pierre d'angle; une nouvelle permanence assurée par l'asbl "Rolling douche" qui se déplace en divers endroits de la ville; un renforcement du coaching au (re)logement durable; et, de manière plus globale, un élargissement des plages horaires de l'accueil social de jour.

De manière plus structurelle, l'attention sera portée sur l'identification commune des besoins à travers un monitoring plus concerté afin d'adapter plus efficacement les interventions. Le dispositif hivernal d'aide aux sans-abri est volontairement distinct de celui de l'hébergement temporaire des transmigrants organisé à la Porte d'Ulysse (400 places), avec l'appui financier de la Région bruxelloise.

Laurie Dieffembacq