De plus en plus de femmes et de jeunes dans les refuges pour sans-abris

Le nombre de femmes qui n’ont pas de domicile fixe a nettement augmenté ces dernières années en Flandre. C’est ce qu’indique le journal dominical De Zondag, sur base de chiffres des Centres d’aide aux personnes. Ces derniers organisent notamment l’accueil hivernal pour les sans-abris dans les villes et communes. En Flandre orientale, le nombre de femmes sans domicile fixe a même doublé ces dernières années, indique Alain Slock, directeur des Centres en Flandre orientale.

La ville de Gand ouvrira ce lundi les portes de son accueil hivernal pour éviter aux sans-abris de passer la nuit à la belle étoile dans un froid glacial. La ville met 105 lits à disposition des démunis, mais ce ne sera pas suffisant pour accueillir tous les sans-abris.

Ces dernières années, les Centres d’aide aux personnes - qui veillent au bien-être de la population locale - constatent que le nombre de femmes et de jeunes adultes qui se présentent dans les refuges est en hausse considérable, alors qu’auparavant le sans-abrisme était plutôt "une affaire d’hommes". "Autrefois, nous voyions dans nos centres d’accueil 80% d’hommes et 20% de femmes", précise Alain Slock.

"Mais ces dernières années, on voit clairement un changement. Actuellement, nous accueillons 60% d’hommes et 40% de femmes. Soit le double. Les femmes recourent de plus en plus à l’aide proposée dans les refuges pour sans-abris".

Marché immobilier inabordable

D’après Alain Slock, cela s’explique par une combinaison de facteurs, le plus important étant les prix sur le marché immobilier. "Ces dernières années, nos équipes d’intervention ont souvent entendu dire que le marché immobilier était réellement inaccessible pour les personnes avec des revenus modestes".

Les femmes sont aussi plus souvent victimes de situations familiales. "Quand, à la suite d’une rupture relationnelle, les femmes doivent s’installer seules quelque part, avec un revenu très limité, elles ne parviennent pratiquement pas à payer le loyer", indique Alain Slock.

L’accueil coûte cher

Slock plaide en faveur d’investissements supplémentaires dans le logement social. "Si, en tant que société, nous ne prenons pas de mesures pour corriger les prix du marché, en offrant suffisamment de logements durables à des prix abordables, nous allons devoir investir davantage dans l’accueil d’urgence".

Alain Slock décrit l’accueil de nuit comme "un mal nécessaire". "Il est terrible de devoir vivre en rue. Heureusement, des administrations locales prennent des initiatives et installent un accueil de nuit pour que personne ne doive dormir en rue. Mais ce ne sont pas des solutions durables. En tant que société, nous devons investir dans un marché immobilier accessible à tous, avec des logements sociaux pour les plus vulnérables".

Le nombre de jeunes sans-abris augmente

Il n’y a pas que les femmes qui sont plus nombreuses parmi les sans-abris. Les jeunes adultes aussi. Alain Slock parle même de chiffres qui font peur. "Dans nos centres d’accueil, une personne sur cinq a moins de 25 ans".

En cause, estime-t-il, une certain individualisme, mais aussi les prix inabordables du marché immobilier. "Les jeunes qui doivent s’installer seuls avant l’âge de 25 ans, par nécessité ou en l’absence d’un réseau social pour les accueillir, ne trouvent souvent pas de logement qu’ils puissent financer. La plus grande partie de leur budget disparaitrait dans le loyer. Il leur est alors impossible d’économiser de l’argent et de se construire un avenir".

Hilde De Windt