Maggie De Block ne veut pas capituler : le centre d’accueil de Bilzen sera maintenu

Invitée ce dimanche midi dans l’émission "De Zevende Dag" sur la plateau télévision de la VRT, la ministre fédérale chargée de l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD), a assuré que le centre d’accueil pour demandeurs d’asile qui doit ouvrir ses portes dans une ancienne maison de repos verra bien le jour. Malgré l’incendie criminel qui y a été perpétré il y a une semaine. "Faire des concessions là-dessus, ce serait capituler", a expliqué la ministre. Elle a également indiqué que son parti soutiendra la proposition de loi de l’ex-Secrétaire d’Etat Theo Francken visant à durcir les conditions de regroupement familial.

Le bâtiment à Bilzen (Limbourg) qui a été la proie d'un incendie criminel dimanche dernier devait accueillir 130 demandeurs d'asile. Une autre solution devra être trouvée pour héberger ces personnes le temps qu'aient lieu d'importants travaux de réparation, notamment de la toiture du bâtiment.

Si le gouvernement est bien décidé à ouvrir ce centre, il faudra toutefois attendre un certain temps. "Il est utopique de croire qu'il ouvrira encore cette année", a indiqué la ministre Maggie De Block (Open VLD) ce dimanche midi sur le plateau télévision de la VRT. Soulignant avec force que tout un chacun a le droit de critiquer le projet d’accueil, et le droit de déclarer qu’il ou elle ne veut rien avoir à faire avec des demandeurs d’asile, rien n’excuse par contre le fait de bouter le feu à une habitation.

La ministre de l’Asile et la Migration estime que "ce serait capituler" que de se laisser mettre sous pression par l’incendie criminel et décider de ne plus ouvrir un centre d’accueil pour demandeurs d’asile dans l’immeuble à Bilzen.

La loi sur le regroupement familial bientôt durcie ?

En attendant, le débat sur la politique d'immigration se poursuivra à la Chambre. Dans l’émission "De Zevende Dag", la ministre De Block a affiché le soutien de son parti à une proposition de loi de la N-VA qui prévoit de durcir les conditions du regroupement familial.

Invité aussi dans l’émission de la VRT, l’ancien Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken rappelait sa proposition de loi. Maggie De Block remarquait que la mesure aurait peut-être déjà été introduite si la N-VA n’avait pas quitté le gouvernement fédéral fin 2018.

Tout comme Theo Francken l’avait annoncé précédemment, la ministre libérale admettait que le pays traverse actuellement une nouvelle crise d’asile. Au cours du mois d’octobre, près de 3.000 demandes ont été introduites. Ce chiffre demeure encore loin des 5.000 demandes d’asile enregistrées mensuellement en 2015, mais la tendance est de nouveau à la hausse.

"Dans toute l’Europe, nous voyons que de plus en plus de gens se dirigent vers nos pays". Maggie De Block dément que ce ne soit qu’un problème pour la Belgique. Elle remarque néanmoins que notre pays fait face à un problème spécifique : "10% des personnes qui ont introduit une demande d’asile dans notre pays ont déjà traversé la procédure, ont été déboutées et tentent ensuite d’introduire une demande d’asile pour chacun de leur enfant".

C’est la raison de la proposition de loi de Theo Francken (photo), pour durcir le regroupement familial. Notre pays est en effet moins strict en la matière que ses voisins, qui ont déjà durci leur législation sur le regroupement familial.