Des chercheurs anversois peuvent prédire quel patient développera un cancer du foie

Des chercheurs de l'hôpital universitaire d'Anvers et de l'université d'Anvers ont découvert un ensemble de gènes qui permettent de déceler qui développera un cancer du foie. "Cela nous permet d'intervenir plus rapidement, ce qui est vital ", explique le chercheur Stijn Van Hees. De nos jours, le cancer du foie est souvent découvert (trop) tard, et un remède n'est possible que si l'on est là assez tôt.

Le cancer du foie est le cinquième cancer le plus fréquent en Belgique. Mais si l'on ne tient compte que du risque de mortalité , le cancer du foie est même en 3e position. "Nous pouvons rarement guérir complètement un patient atteint ", dit le professeur Thomas Vanwolleghem (UZA/Untwerp). "Si la tumeur est détectée à un stade très précoce, une greffe ou l'ablation d'une partie du foie est nécessaire. Mais très souvent, malheureusement, le cancer n'est découvert qu'à un stade avancé. Alors la chimiothérapie peut prolonger la vie du patient de quelques mois, mais pas des années."

Hépatite difficilement détectable

Plus de la moitié des personnes atteintes d'un cancer du foie sont infectées par le virus de l'hépatite B ou C. L'hépatite est une inflammation du foie. Les personnes atteintes d'une hépatique sont jusqu'à 100 fois plus susceptibles de développer un cancer du foie. Mais la plupart des patients infectés ne présentent aucun symptôme. Souvent, l'hépathite entraîne une modification du tissu conjonctif (fibrose hépathique), elle-même précurseur du cancer du foie.

Les personnes atteintes d'une hépatite virale doivent se soumettre à un contrôle régulier, parfois jusqu'à deux fois par an. L'imagerie et les analyses sanguines sont utilisées pour déterminer si le patient développe un cancer du foie. Ces tests sont très coûteux et n'offrent pas une garantie à 100 pour cent pour la détection précoce du cancer.

Des recherches intensives menées par des scientifiques de l'UA et de l'UZA, avec le soutien de la Fondation contre le cancer et en collaboration avec des médecins d'Anvers, du Limbourg et de Rotterdam, vont permettre d'apporter des changements à long terme.

Détection par intelligence artificielle

"Nous avons analysé les biopsies hépatiques de patients atteints d'hépatite ", explique le chercheur Stijn Van Hees (UAntwerp/UZA). Une biopsie est un prélèvement d’un morceau de tissu pour examen. "Au moment où les biopsies ont été réalisées, ces personnes n'avaient pas encore développé de cancer. Nous avons identifié les patients qui ont ensuite développé un cancer du foie." Les biopsies des personnes qui ont eu un cancer du foie ont été comparées à celles des personnes qui n'ont pas eu de cancer. L'étude a révélé qu'il s'écoulait en moyenne 8,3 ans entre le moment où les biopsies ont été effectuées et celui où le cancer a été diagnostiqué. On a également étudié les gènes des personnes qui développent ou non un cancer.

Les chercheurs ont ensuite fait calculer les relations entre toutes ces données dans des programmes informatiques. Ils ont conclu qu'il existe plus de 500 gènes qui évoluent différemment chez les personnes qui développent un cancer du foie. Stijn Van Hees ajoute : "Cela inclut les oncogènes. Ce sont des gènes dont nous savons qu'ils jouent un rôle dans le développement du cancer. Nous avons aussi trouvé des signes que divers processus biologiques du cancer étaient déjà présents chez des patients qui ont ensuite développé un cancer du foie."

Il est possible de "prédire" qui développera un cancer du foie

"Ces résultats sont prometteurs ", ajoute Stijn Van Hees. "Nos recherches ouvrent non seulement des possibilités de prédire le cancer du foie, mais révèlent également les gènes qui sont importants dans le développement de ce type de cancer. D'autres recherches pourraient donc aboutir à une technologie permettant d'éteindre ces gènes et d'empêcher la maladie de se développer."

"L'objectif est de mettre au point un essai clinique fondé sur ces nouvelles connaissances qui permettra de faire la distinction entre les patients qui ne sont pas à risque de cancer du foie et les patients qui développeront un cancer du foie, afin qu'ils puissent être suivis de façon plus intensive et que nous puissions intervenir plus rapidement.