Un membre d’un groupement d’extrême droite fait le salut nazi lors d’une visite au mémorial de Breendonk

Right Wing Resistance, un groupe d’extrême droite, dont une branche flamande a récemment été créée, a visité le fort de Breendonk (Anvers) en août dernier. Lors de cette visite, l’un des membres du groupe s’est fait photographié alors qu’il faisait le salut hitlérien. C'est ce qui ressort clairement d'une enquête réalisée par le journal De Morgen et la VRT. Le Centre pour l'égalité des chances Unia va de son côté mener une enquête.

Les faits datent d'août 2019. La branche flamande nouvellement créée du mouvement d’extrême droite Right Wing Resistance a visité le Fort de Breendonk avec quelques membres et sympathisants. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce fort a été utilisé par les nazis comme camp de transit pour les prisonniers politiques, les résistants et les Juifs en attente de transfert vers l'Allemagne. Le fort de Breendonk a été transformé en mémorial en 1947. Il est situé non loin du centre du village de Willebroek, à environ 25 km de Bruxelles.

On peut apercevoir sur une photo un individu effectuant le salut hitlérien dans le 'casino', une salle du camp qui servait de réfectoire aux nazis.

L’homme qui fait le salut nazi est le fils d'un ancien député du Vlaams Belang. Selon les recherches des journalistes ce jeune homme participe souvent aux activités de groupes d'extrême droite comme Voorpost et Generation Identity. Récemment, à la suite de l'incendie criminel au futur centre pour demandeurs d'asile de Bilzen, dans le Limbourg, il avait déclaré sur les réseaux sociaux : "Il aurait mieux valu attendre qu'ils y soient".

Right Wing Resistance

Right Wing Resistance est un groupe d'extrême droite fondé à Christchurch par Kyle Chapman, un nationaliste blanc néo-zélandais. Aujourd’hui ce groupe existe aussi dans plusieurs autres pays comme l'Australie, la Suède et l'Ecosse. Et à présent aussi en Flandre : la branche flamande de Right Wing Resistance a été fondée récemment. La visite à Breendonk fut l'une de leurs premières activités.

Le conseil d'administration du fort de Breendonk n'était pas au courant des faits, mais les regrette profondément, a déclaré le conservateur Dimitri Roden. "C'est une gifle pour les victimes et leurs proches. La moitié des déportés ici n'ont pas survécu."

Dimitri Roden souligne qu'il s'agit d'un incident très exceptionnel : " Nous avons 100 000 visiteurs par an et nous n'avons pas encore connu ce genre de problème. Au contraire, la plupart des visiteurs sont très impressionnés par ce qui s'est passé ici. Beaucoup de jeunes apprennent à quoi l'extrémisme peut mener. Notre présentation est également scientifiquement fondée et objective."

Dimitri Roden craint que ce genre d’incident ne puisse être évité : " Si nous y assistons, nous interviendrions bien sûr. Mais notre domaine s'étend sur 16 hectares, on ne peut pas avoir des caméras partout."

Des faits punissables

Faire le salut nazi, ou diffuser ce geste par une photo sur les réseaux sociaux est un crime ", déclare Lode Nolf d'Unia, le centre pour l'égalité des chances. "Nous allons enquêter".

"Je suis profondément choqué", déclare de son côté Henri Heimans, fils d'un ancien prisonnier de Breendonk. "Mon père a été emprisonné dans la forteresse de Breendonk en 1943. Il y est resté six mois, puis a été emmené à Auschwitz. C'est un endroit où de nombreuses personnes ont été exécutées et torturées. Faire un salut hitlérien dans un tel endroit ne peut être toléré. Ce sont des gens qui partagent les idées avec les bourreaux nazis."

La division de Malines du parquet d'Anvers a ouvert une information judiciaire, samedi, pour probable fait d'incitation à la haine et/ou de négationnisme au fort de Breendonk.