De Wever en colère contre l’Open VLD: "C’est extrêmement bête de nous tirer dans le dos"

Après quasiment deux mois de silence au sujet de la formation du gouvernement fédéral, le président de la N-VA Bart De Wever s’est exprimé ce lundi, s’en prenant directement à l’Open VLD. A ses yeux, les libéraux du nord du pays ont tiré une balle dans le dos de son parti. Le leader des nationalistes flamands réagissait aux propos du ministre flamand Bart Somers (Open VLD), qui a déclaré dimanche qu’il était plus que clair que la N-VA ne voulait pas faire partie du prochain gouvernement fédéral.

"Cela fait 14 jours que je n’ai plus rien entendu de l’Open VLD, mais cela ne m’inquiétait pas, car je pense que nous sommes sur la même longueur d’onde, qui est d’ailleurs aussi celle de l’accord gouvernemental flamand", a indiqué Bart De Wever au micro de la VRT. "Soudainement, on a eu droit à une attaque orchestrée que je déplore vraiment, car c’est évidemment un formidable cadeau pour le PS", a poursuivi le président de la N-VA.

"Si monsieur Magnette attendait de recevoir un signal indiquant qu’il ne doit surtout rien concéder, et qu’il est sur la bonne voie pour diviser les Flamands, et bien c’est désormais chose faite", a encore commenté Bart De Wever.

La N-VA désire-t-elle gouverner ?

Dimanche, le ministre flamand Bart Somers (Open VLD) a ouvertement jugé évident que la N-VA ne souhaitait pas participer à un exécutif fédéral, semblant ainsi préconiser par élimination une majorité arc-en-ciel entre socialistes, libéraux et écologistes, que d'aucuns verraient éventuellement complétée par les chrétiens-démocrates.

"C'est extrêmement bête de tirer dans le dos de quelqu'un de la sorte à une table de négociations, sans la moindre concertation. Ce n'est pas non plus très correct", a jugé Bart De Wever.

A la question de savoir si son parti envisageait encore d’entrer dans une majorité avec le PS, le leader de la N-VA a indiqué qu’il s’en tenait pour l’instant à faire son travail. "Je ne suis pas occupé depuis 14 jours à échanger des notes avec Paul Magnette par plaisir, ce n’est pas un hobby. J’essaie de défendre les intérêts de ceux qui doivent être défendus. Je parle des gens qui travaillent, entreprennent et économisent en Flandre", a-t-il précisé.

Retour à la case départ ?

"Il est possible de gouverner avec le PS, mais à une condition, c’est que ceux qui ont tiré une ligne dans l’accord gouvernemental flamand restent fermement sur ces positions", a commenté Bart De Wever. "Il faut clairement signaler au PS que c’est à eux de traverser le pont pour nous diriger vers le nord de l’Europe et pas vers le sud de l’Europe", a indiqué le président de la N-VA, s’adressant indirectement à ses partenaires de la coalition flamande. "Il faut pour cela rester sur la même ligne, et les déclarations d’hier son selon moi une chose très négative pour les négociations. On est quasiment bons pour repartir à zéro", a-t-il conclu.

"Pas dispos pour bloquer ou scinder le pays"

Dans un tweet publié à l'issue du bureau de l’Open VLD, la présidente du parti, Gwendolyn Rutten, a insisté sur le fait que chaque formation fixait sa propre ligne. "Nous sommes du côté des gens qui travaillent, qui ont travaillé, qui entreprennent ...", a-t-elle lancé. "Nous sommes également très clairs et unanimes au sein du bureau: pour bloquer ou scinder le pays, nous ne sommes pas disponibles", a-t-elle écrit.

De son côté, le vice-premier ministre Alexandre De Croo a indiqué que Bart Somers n’avait fait que "répéter ce qu'il a entendu venant de gens de la N-VA". Il s’est toutefois gardé de conclure que la voie était désormais ouverte pour un gouvernement arc-en-ciel, sans la N-VA.