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"Immo Royal": comment vous contribuez financièrement aux domaines royaux

Au moins 7.530 hectares de forêts et terrains de même que 77 bâtiments sont dans le giron de la Donation royale. Sur le papier, il s'agit d'une "institution publique indépendante" qui se doit d'être financièrement autonome mais, en réalité, de nombreux services publics - soit le contribuable - en supportent l'essentiel des coûts. C’est ce qui ressort de "Immo Royal" la toute première enquête en 90 ans sur la Donation royale, menée par des journalistes de VRT NWS, De Tijd, Apache et Knack.

D’après un document de 26 pages provenant de la Donation royale, les propriétés se situent principalement à Ostende, Bruxelles et dans les Ardennes. Au total, il s’agit d’environ 7.500 hectares, dont 5.000 de territoire forestier et 1.650 de terres cultivables. La Donation gère aussi 77 bâtiments dont 9 châteaux et 13 fermes.

Une partie de ces possessions est mise gracieusement à la disposition du roi et de sa famille. C’est notamment le cas du domaine royal de Laeken, où réside le roi Philippe, des villas de la princesse Astrid et du prince Laurent, ainsi que du Belvédère, où habite le roi Albert II. Le roi Philippe jouit également d’une seconde résidence dans les Ardennes, le château de Ciergnon (photo ci-dessous).

Un maximum de coûts sur les contribuables

L'an dernier, la Donation royale a elle-même dépensé 6,45 millions d'euros pour entretenir son gigantesque patrimoine. La moitié (2,91 millions d'euros) a été consacrée au domaine de Laeken, qui ne représente pourtant que 2% des propriétés.

Selon l’enquête journalistique, la famille royale tente de faire reposer le plus de coûts possibles sur les contribuables. L'État belge verse ainsi un loyer à la Donation royale pour un immeuble de bureaux à Bruxelles et le Premier ministre doit aussi verser annuellement un loyer de 100.000 euros pour louer le château de Val Duchesse.

On notera encore que la Donation royale ne connait d'ailleurs pas la valeur exacte de ce patrimoine, alors que les comptes annuels se limitent à six pages et peu détails. "Nous nous situons en dehors du cadre du budget fédéral de dépenses", déclare Philippe Lens, directeur général de la Donation. "Et si des services publics en assument les coûts, c'est qu'il y a une bonne raison selon lui: soit une accord de location, soit un intérêt public".

Demande d’une commission d’enquête

Le groupe N-VA à la Chambre a appelé ce mercredi à la mise sur pied d'une commission d'enquête parlementaire sur la Donation royale. Le député libéral flamand Vincent Van Quickenborne a jugé pareille initiative également opportune. Le Vlaams Belang a, lui, sauté sur l'occasion pour réclamer à nouveau l'abolition de la royauté.

Pour la N-VA, les révélations apportées justifient la mise sur pied d'une commission d'enquête. "Cela fait longtemps que nous observons l'enchevêtrement que constitue la Donation royale, liée notamment à la Régie des bâtiments", souligne le député nationaliste Peter Buysrogge. "En tant que parlement, nous devons disposer d'une analyse en profondeur de la destination des moyens financiers. Nulle part ailleurs une telle mauvaise gestion ne serait acceptée", a-t-il commenté.