Pratiquer le néerlandais tout en s’amusant lors de la deuxième édition de "Allez : NL"

Il y avait beaucoup de monde, ce jeudi matin au célèbre Cinéma Palace, Boulevard Anspach à Bruxelles, pour la deuxième édition de "Allez : NL". Un public très cosmopolite avec un point commun : la volonté de pratiquer le néerlandais. 60 activités ludiques étaient proposées, du rap au djembé en passant par une émission de radio, la réalisation de vidéos ou d’expositions et même une formation aux premiers secours.

Des petits stands sont installés dans le hall de l’ancien cinéma rénové. Certains comme les volontaires du service d’interprétariat social de l’asbl Bruxelles accueil proposent des petits jeux qui facilitent l’apprentissage de la langue. Il y a aussi un Babbelsalon, où les participants peuvent se présenter et discuter, le tout en néerlandais bien sûr. Dans un local, l’association Kamelgo propose un abonnement aux sept principaux journaux flamands sous forme audio. Au départ, l’initiative était destinée aux personnes souffrant d’un handicap visuel mais à présent l’initiative vise aussi les personnes allophones. Les journaux peuvent être écoutés en streaming et le texte est également disponible via une application.

Une initiative de la Huis van het Nederlands Brussel

Griet Rigole est collaboratrice du projet au sein de la "Huis van het Nederlands Brussel". Elle est heureuse de constater l’enthousiasme des participants. 

"Différentes activités étaient déjà complètes dès l’ouverture des inscriptions. Les gens ont envie de pratiquer leur néerlandais dans des situations plus particulières. Et ils apprennent par la même occasion à connaître ce côté néerlandophone de leur ville. Avant, certains ignoraient qu’il était aussi possible de faire du sport ou de la musique ou d’assister à des activités culturelles en néerlandais."

Si certains suivent déjà des cours de néerlandais depuis longtemps d’autres ne possèdent que quelques rudiments de la langue. Une des participante arbore un large sourire, elle est originaire d’Indonésie et se prénomme Shanti (ce qui veut dire paix en sanskrit). Elle avait étudié le néerlandais durant 6 mois dans son pays et puis durant 10 mois à Bruxelles et elle le parle aujourd’hui presque couramment. Il faut dire que cette jeune femme qui habite à Molenbeek parle déjà 5 autres langues, l’indonésien et le soudanais ainsi que l’anglais, le français et l’Espagnol. Mais pour elle, parler le néerlandais c’est un plus, d’abord parce que c’est une des trois langues nationales en Belgique et aussi parce que cette langue lui offre beaucoup plus de possibilités au niveau professionnel. Ce jeudi Shanti s’est inscrite dans l’atelier vidéo.

Mona, vient d’Iran, elle habite depuis un an à Laeken. Cela fait un an qu’elle a fui son pays et est arrivée en Belgique. Elle ne parle que le persan mais se débrouille déjà très bien en néerlandais. Elle avait commencé des études de psychologie dans son pays et espère pouvoir poursuivre ses études dans une université flamande dès qu’elle maîtrisera suffisamment le néerlandais.

Parmi les participants on trouve beaucoup d’allochtones, d’origine maghrébine et africaine. Certains sont des Bruxellois francophones d’autres des primo arrivants.

Plus de 50 organisations ont contribué à Allez:NL

Des bénévoles de Vluchtelingenwerk Vlaanderen sont également présents  pour encadrer les participants et les accompagner. Riet propose ainsi une promenade dans Bruxelles. Le mouvement Vluchtelingenwerk se bat pour la protection des demandeurs d'asile et des réfugiés et est notamment actif devant le centre d’accueil pour demandeurs d’asile du Petit-Château et au Parc Maximilien.

Le Ministre flamand, en charge des affaires bruxelloises, Benjamin Dalle (CD&V) est également présent. Il se mêle aux participants et fait leur connaissance (voir photo ci-desus).  D'après le ministre, "le néerlandais est un énorme atout à Bruxelles. Pour de nombreux Bruxellois, une bonne maîtrise du néerlandais constitue souvent un ticket direct pour un emploi de qualité. Ces dernières années, le néerlandais a acquis une place centrale dans la capitale". Le ministre Benjamin Dalle se félicite de l’originalité de cette initiative. "En général le néerlandais est associé à une matière scolaire mais ici il est pratiqué d’une manière ludique et c’est une bonne chose".

Plus de 50 organisations ont contribué à "Allez:NL". Elles ont bénéficié de conseils de la Huis van het Nederlands afin de rendre ces activités accessibles à des personnes non néerlandophones. Chaque année, des milliers de Bruxellois fréquentent la Huis van het Nederlands Brussel pour apprendre le néerlandais. Ils étaient 18 327 en 2019.