Le philosophe François De Smet élu président du parti DéFI

Les militants de DéFI réunis dimanche en congrès électoral à Bruxelles ont élu François De Smet à la présidence du parti en un seul tour de scrutin, le créditant de 62,3% des voix. Son élection tourne la page d’un quart de siècle de l’histoire de la formation politique.  

Le principal challenger de François De Smet, Christophe Magdalijns, a recueilli 34,5% des suffrages. Quant aux candidats wallons Jean-Claude Cremer et Julie Leclercq, ils ont obtenu respectivement 1,3% et 1,9% des voix.

Le congrès a été mis à profit pour rendre un vibrant hommage à Olivier Maingain qui a occupé la présidence du parti durant près de 25 ans. Une page a ainsi été tournée pour le parti, largement incarné toutes ces années par le président sortant.

Sa succession ne sera d’ailleurs pas une mince affaire tant Olivier Maingain a été omniprésent, par sa personnalité, mais aussi par sa maîtrise des enjeux institutionnels et politiques du pays.

Philosophe engagé

Né le 3 mai 1977, François De Smet est Docteur en philosophie de l'ULB, diplômé d'Études Approfondies (DEA) Transdisciplinaire plurifacultaire.

Avant sa récente apparition à la Chambre, à l'issue du scrutin du mois de mai dernier, il a fréquenté le monde politique via son expérience d'attaché, puis de conseiller de l'ex-ministre président libéral du gouvernement de la Communauté française, Hervé Hasquin, de 1999 à 2004. Il a ensuite exercé d'autres fonctions au sein du ministère de la Communauté française.

Fort d'une expérience de collaborateur au Centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme (2006-2010), il s'est fait connaître, au cours des dernières années, comme directeur du Centre fédéral de la Migration (Myria) (2015-2019).

En tant que philosophe, François De Smet privilégie les questions de philosophie politique et les enjeux contemporains. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, a co-écrit plusieurs films documentaires et a régulièrement proposé des chronique pour la radio La Première (RTBF) et le quotidien La Libre Belgique.

"Sauver le pays"

"La meilleure manière de défendre les francophones auxquels DéFI reste attaché est de sauver le pays, a déclaré François De Smet dans une première allocution. "C'est en Belgique que les francophones veulent vivre, pas en République flamande, mais pas non plus dans un état Wallonie-Bruxelles constitué en réaction et en dépit face à la victoire supposée inéluctable du nationalisme flamand".

Le successeur d’Olivier Maingain a également confirmé d'emblée l'adhésion de DéFI au libéralisme social - "pas besoin de créer chez nous une chapelle car libéraux et progressistes, nous le sommes tous" -. A ses yeux, la formation amarante doit être le parti "de l'émancipation et de la réussite sociale", porteur d'une "transition écologique déterminée et pragmatique" qui "assume l'économie de marché" et investit dans les nouvelles technologies sans "avoir peur du mot métro".

Autre credo des amarantes confirmé par leur nouveau président: le combat pour la laïcité "qui permet aux croyants et non-croyants de vivre ensemble, organise et apaise, .... prône le respect, la mixité et le mélange, et qui doit être porté avec la lutte contre les discriminations".

François De Smet a enfin donné quelques pistes sur le style de sa présidence, en invitant les militants à dépasser l'individualisme dans les campagnes et à opter pour un modèle de bienveillance en politique. "Soyez durs sur les idées, fermes sur les principes, mais soyez toujours respectueux des personnes. Rappelez-vous que même le pire de vos adversaires a une mère, un conjoint, des enfants qui souffrent pour lui", a-t-il conclu.