Matteo Salvini en visite au Vlaams Belang à Anvers

Cohue médiatique, deux ovations, applaudissements retentissants: le leader italien d'extrême-droite Matteo Salvini (photo archives) a été accueilli lundi soir comme une rockstar à la Bourse de commerce d'Anvers, où il avait été invité par le groupe politique européen "Identité et Démocratie", dont fait également partie le Vlaams Belang. La vedette du jour était en retard d’une heure et demie et a divulgué "son habituel message à l’encontre de la migration et de l’islam", constatait sur place la journaliste Mieke Strynckx (VRT NWS). Les antifascistes belges et le mouvement italien des "Sardines" ont manifesté dans les environs de la Bourse anversoise contre la venue de Salvini.

Matteo Salvini (46 ans) est la figure de proue de l'extrême-droite italienne. L'ancien vice-premier et ministre de l'Intérieur mène actuellement campagne, tambour battant, pour s'emparer de la riche région d'Emilie-Romagne (nord), bastion de la gauche, où des élections régionales sont prévues en janvier. Il a toutefois répondu présent à l'invitation du groupe européen Identité et démocratie (ID) et de son président, Gerolf Annemans, pour participer à un meeting lundi soir à Anvers.

L'homme politique italien à la rhétorique populiste était attendu à 19h pour une conférence de presse, mais il s'est fait attendre et n'est arrivé que peu après 20h30. Une séance du Sénat italien consacrée au Mécanisme européen de stabilité a retardé son départ. C'est en avion privé, aux frais du Vlaams Belang, qu'il a rejoint Anvers.

Il en fallait apparemment plus pour gâcher la fête des quelque 1.400 personnes, réunies dans la Bourse de Commerce d'Anvers, qui ont accueilli Salvini comme une véritable rockstar. Lors de son discours, Salvini a félicité le Vlaams Belang pour sa victoire électorale de mai dernier. "Nous travaillons déjà très bien ensemble. Et si ce n'est pas pour aujourd'hui, ce sera pour demain. Le Vlaams Belang arrivera au pouvoir en Flandre et la Ligue en Italie. Tom Van Grieken, il faut que tu t'y prépares", a lancé l’homme politique italien.

Salvini a ensuite parlé pendant un bon quart d'heure des valeurs et normes européennes, qui se perdent, selon lui, à cause de l'"islamisme" et de "l'activisme de gauche". "Ils veulent transformer l'Europe en un centre commercial sans valeur ni tradition. Soit l'Europe est chrétienne, soit il n'y a pas d'Europe. L'islam est la mort de notre continent".

Deux manifestations à Anvers

Après le discours du chef de la Ligue, le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, - annoncé comme le Matteo Salvini flamand - a pris la parole. Il s'en est également pris à l'Union européenne. "Nous avons le devoir, pour nos enfants et nos petits-enfants, de protéger notre civilisation, héritée de nos ancêtres. Nous, nous et seulement nous sommes le nouvel espoir pour une nouvelle Europe".

La venue de Matteo Salvini dans la métropole n'a pas fait que des heureux. Quelque 200 personnes se sont rassemblées vers 19h sur la place Henri Conscience à Anvers pour s'opposer à l'événement. Elles regrettent aussi que la Bourse de Commerce anversoise - tout juste magnifiquement rénovée - soit le théâtre du meeting du parti flamand d’extrême-droite.

Sur la Place De Coninck, un plus petit groupe d’une centaine d’Italiens s’étaient également rassemblés, en référence au mouvement né à Florence contre l'extrême-droite. Les "Sardines" (photo archives) protestent depuis plusieurs semaines, à l’instigation de quelques jeunes gens, contre la montée de la pensée de droite radicale et contre Salvini lui-même.

En deux semaines de temps, le mouvement a organisé dix manifestations en Italie, qui ont rassemblé des milliers de participants chaque fois. Le 14 décembre, il espère rassembler un million de manifestants à Rome.

AFP or licensors

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