Il prête sa carte de banque et devient sans le savoir une "mule financière"

Un jeune sur dix est disposé à prêter son compte et/ou sa carte bancaire en échange d’une rémunération et ce malgré les dangers que cela comporte. Telle est la conclusion d’une étude réalisée par Febelfin, la fédération du secteur financier. Sur Radio 2 (VRT) un père a témoigné au sujet de son fils qui involontairement, a fait utiliser son compte par des criminels et est ainsi devenu une "mule financière". Pour alerter les jeunes, Febelfin lance une campagne via des influenceurs sur Instagram.

"Un samedi matin, j'ai reçu un appel téléphonique du directeur de la banque, m’avertissant que des transactions suspectes avaient eu lieu sur le compte de mon fils", raconte le père de ce que l’on appelle une "mule financière".

"Mon fils m'a dit qu'il avait donné sa carte bancaire à garçon de son école. Le frère de ce garçon voulait acheter un cyclomoteur et avait besoin d'un compte pour déposer de l'argent afin qu'il puisse l’acheter. Mon fils recevrait 30 euros à titre de dédommagement ", ajoute le père.

Mais en réalité, quelque chose de totalement différent s'est produit. "Le directeur de la banque a déclaré qu'au moyen d'hameçonnage (une technique de fraude sur Internet), des individus avaient retiré 10 000 euros chacun sur les comptes de deux autres personnes. Et cet argent, 20.000 euros donc avait été transféré sur le compte de mon fils. Ensuite ils ont commencé à retirer l'argent en un rien de temps dans diverses agences bancaires et bureaux de paris."

Les jeunes constituent une proie facile

L'histoire de ce père n’est pas exceptionnelle. Une étude de la fédération du secteur financier montre que les jeunes de notre pays constitue une proie facile pour de tels escrocs.

"Alors que 4% de la population totale prêterait son compte et/ou sa carte bancaires en échange d'une rémunération, ce pourcentage passe à 10% chez les jeunes (entre 16 et 24 ans). Les garçons semblent plus sensibles aux belles paroles des criminels que les filles. Huit pour cent des filles semblent tentées par l'idée de gagner de l'argent en se contentant de prêter leur compte et/ou leur carte bancaires. Dans le cas des garçons, on parle de plus de 14%", relève Febelfin qui a fait réaliser une étude auprès de 1.800 personnes.

Confrontés à des difficultés financières, certains jeunes sont parfois à la recherche d'argent facile. Pourtant, avertit la fédération, "la rémunération promise est souvent un mensonge: en lieu et place, la mule a plutôt droit à des menaces physiques et un compte pillé".

Les criminels ont besoin de mules financières et de leur compte bancaire pour faire transiter l'argent volé ou le retirer en espèces, explique Febelfin.
Une mule ne comprend généralement pas qu'elle prend part à des activités criminelles. Mais même s'il semble qu'elle ne commet aucune infraction pénale, elle est bel et bien responsable de ce qui se passe sur son compte et peut en être tenue pour responsable.

"Si vous êtes le dernier maillon de la chaîne, le risque d'être pris est de presque 100%. Malheureusement, seuls les petits sont ciblés et il y a peu de volonté d'enquêter pour mettre la main sur le haut de la hiérarchie criminelle", relève l'avocat Andy Boermans, sollicité par Febelfin.

Si la mule est mineure, ce sont les parents qui peuvent être tenus pour responsables. Dans la pratique, cela signifie que ce jeune (et ses parents) devront rembourser à la victime l'argent qui a transité via le compte de la mule. Cette dernière risque également des amendes judiciaires et fiscales importantes.
 

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