Joachim Coens est le nouveau président des chrétiens-démocrates flamands

L'administrateur-délégué du port de Zeebrugge et bourgmestre de Damme (Flandre occidentale) Joachim Coens (photo), 53 ans, a été élu ce vendredi à la présidence du CD&V, au second tour. Ce fils d'ancien ministre social-chrétien a obtenu 53,12% des suffrages exprimés par les militants du parti, face au président des Jeunes CD&V, Sammy Mahdi, 31 ans. Au total, 22.753 membres ont participé au scrutin présidentiel. Ils semblent s’être exprimés en faveur du calme et de la continuité pour la succession à Wouter Beke.

Le nouveau président du CD&V n'est jusqu'à présent pas très connu dans la partie francophone du pays. Sur le plan politique, il est l'actuel bourgmestre de Damme, une commune de près de 11.000 habitants située à quelques kilomètres de Bruges. Mais cet homme de 53 ans est aussi le patron du port de Zeebruges (Flandre occidentale), l’un des plus importants à l'échelle de l'Europe, notamment pour le transport du gaz et de voitures neuves.

Les lecteurs âgés de plus de 50 ans se souviendront peut-être du père du nouveau président du CD&V, Daniël Coens. Celui-ci fut ministre de l'Education nationale dans le gouvernement dirigé par Wilfried Martens V, successivement aux côté des libéraux francophones Michel Tromont et André Bertouille, avant d'embrasser une carrière à ce poste au gouvernement flamand (1988 à 1992).

Hormis sur cet épisode gouvernemental, Joachim Coens a suivi la trace politique de son père qui a également été bourgmestre de Damme. Comme son père, il a fait carrière en Flandre, au parlement flamand, de 1995 à 2001, parallèlement à sa carrière d'échevin dans la commune dont il est le bourgmestre depuis 2014, après l'accident de la route qui a coûté la vie à son prédécesseur.

Cet ingénieur civil de formation a par ailleurs derrière lui une carrière de cinq ans (1990-1995) dans le secteur de la construction à l'étranger (Dubaï et Europe de l'est). Joachim Coens est depuis 2001 le président et l'administrateur-délégué de société qui gère et exploite le port de Zeebruges, les "Brugse Zeevaartinrichtingen".

Au premier tour de l'élection interne pour la présidence du CD&V, Coens avait obtenu le meilleur score - crédité de 26% des voix - devant son challenger au second tour, le président des jeunes CD&V, Sammy Mahdi, alors crédité de 19%.

"Nous n’allons pas simplement sauter dans le train de la formation"

Dans son premier discours, Joachim Coens a affirmé avoir "très envie" de présider le CD&V. "Ensemble avec tous les chrétiens-démocrates, nous allons nous engager, pour remettre le CD&V sur la carte". Coens promettait de ramener vers le parti "ceux qui nous ont quittés".

Joachim Coens aura besoin de cette aide, car il n’a été élu à la succession de Wouter Beke qu’avec une petite majorité de 53,12%. Au micro de VRT NWS, il tentait de démentir qu’il n’a pas été choisi comme candidat du renouveau : "Je viens de l’extérieur du parti et, avec Sammy Mahdi, nous allons donner un nouveau départ au parti. (…) Ce n’est que le début. Nous avons encore tout un trajet à parcourir".

Dans son discours, Sammy Mahdi (photo) remerciait tous ceux qui ont voté en sa faveur, mais affirme soutenir le nouveau président du CD&V. "Nous allons écrire cette histoire ensemble".

Pour ce qui est de la formation du gouvernement fédéral, Joachim Coens n’a pas encore laissé entrevoir ses intentions. "Je vais étudier l’état de la situation avec le négociateur CD&V Koen Geens, et puis nous verrons comment continuer". Son scepticisme semble cependant indiquer qu’il est sur la même longueur d’ondes que Geens. "Nous n’allons pas sauter tout simplement dans le train de la formation, parce que le parcours suivi n’est pas le parcours correct", concluait Joachim Coens.