Exposition à Malines prolongée : à 60 ans, Barbie n’a pas pris une ride

Depuis sa présentation au salon du jouet de New York, le 9 mars 1959, la poupée imaginée par Ruth Handler - co-fondatrice du fabricant de jouets américain Mattel - s’est vendue à plus d’un milliard d’exemplaires dans plus de 150 pays. Depuis longtemps elle n’est plus seulement blonde, mais est fabriquée avec toutes les couleurs et longueurs de cheveux, toutes les couleurs de peau, princesse ou pompier. Le 25 septembre dernier, Mattel mettait même sur le marché une Barbie au genre neutre. A l’occasion des 60 ans de l’une des poupées les plus prisées au monde, le Musée du jouet de Malines (province anversoise) ouvrait l’été dernier une exposition (photos: Andreas Kockartz) intitulée "Barbie, 60 ans muse de la mode". Elle devait fermer ses portes fin novembre, mais a été prolongée jusqu’au 19 avril 2020 en raison de son énorme succès.

Près de 22.000 visiteurs ont découvert le Musée du jouet de Malines depuis l’ouverture de l’exposition consacrée à Barbie, fin juin dernier. C’est 25% de plus qu’à la même période l’an dernier. Une bonne raison pour la direction de prolonger l’exposition jusqu’à la fin des vacances de Pâques. Soixante ans après sa création, cette poupée largement inspirée de la première poupée mannequin, Lilli, fabriquée entre 1955 et 1961 par la société allemande O. & M. Hausser, continue en effet de fasciner les enfants.

Ce sont avant tout les petites filles (et leurs sœurs ainées) qui ne se lassent pas de les habiller et les coiffer, de les mettre en scène. La marque américaine a d’ailleurs fait appel à de véritable créateurs de mode pour renouveler sa garde-robe au long des six décennies, s’inspirant souvent de la mode adulte. Barbie est donc devenue une icône de la mode, comme le souligne le Musée du jouet de Malines. Une seule chose n’a pas changé : son âge. Malgré ses 60 ans d’existence, elle n’a pas pris une ride.

Barbie à travers les décennies

L’exposition temporaire au Musée malinois déroule la ligne du temps, suivant de près les diverses facettes de l’histoire de la poupée à la taille de guêpe. Elle se base pour cela sur les prêts de personnes privées qui lui ont confié leurs trésors (partiellement de très grosses collections), mais aussi sur les conseils du Musée de la mode de Hasselt (Limbourg), qui a permis d’habiller l’exposition.

Créée en 1959, la poupée - qui a reçu le prénom de la fille de Ruth Handler, Barbara - a subi dans les années 1960 diverses modifications visant à la rendre plus malléable et véridique: des jambes pliables, des cils implantés, un tronc qui peut tourner. Sa garde-robe évoluait déjà du style classique de Jackie Kennedy à quelque chose de plus coloré et juvénile, avec la mini-jupe fin des années 1960.

Dans les années 1970, ce sont la culture hippie et le féminisme, puis les Jeux Olympiques d’hiver et la disco qui s’introduisaient dans la collection vestimentaire de la poupée. Dans les années 1980, Barbie tentait de fasciner aussi d’autres communautés. On voyait apparaitre la première poupée noire. Barbie étendait ses horizons au-delà de sa maison et du surf : elle devenait une femme avec une carrière, astronaute, pilote. En 1991, l’Année de la femme en politique américaine, Barbie se portait même candidate aux présidentielles et encourageait les petites filles à être ambitieuses.

On peut voir également au Musée du jouet de Malines la Barbie la plus vendue, datant de 1992 : la "Totally Hair Barbie", dont les cheveux blonds ondulés sont deux fois plus longs que la jupe de la poupée.

Rétro ou fashionista

Ses vêtements suivent la mode adulte : couleurs fluorescentes, grands motifs imprimés, ensemble plus sportif et très large de la culture hiphop. Des maisons et créateurs de mode réputés lui ont dédié une collection miniature. Son look redevenait plus élégant à la fin du 20e siècle. Le début des années 2000 créa la surprise : en pleine crise de la quarantaine, Barbie se séparait de son fidèle partenaire Ken et s’intéressait au surfeur australien Blaine. Fin 2010, Barbie et Ken se retrouveront cependant.

Dans les années 2000, Barbie connaissait même une vague rétro. Ses propres vêtements des années 1970 - comme les pantalons pattes d’éléphant, les pulls à col roulé, les bottes montant jusqu’au genou - revenaient dans sa collection. Au cours de cette dernière décennie, Mattel a tenté de remodeler le corps de sa poupée devenue déjà mythique, pour qu’il corresponde davantage au physique de "vraies" femmes et jeunes filles.

La marque américaine a également rendu hommage à des femmes exceptionnelles (comme l’artiste Frida Kahlo en 2018) et demandé à des créateurs de mode comme Karl Lagerfeld de dessiner des tenues pour Barbie. Il s’agit alors davantage de poupées de collection pour adultes que de jouets pour petites filles.

Mais l’exposition "Barbie, 60 ans muse de la mode" offre plusieurs occasions aux enfants de jouer avec des poupées, de se déguiser, dessiner ou créer. Le Musée du jouet a également pris contact avec l’Institut Sint-Godelieve à Kapelle-op-den-Bos (Brabant flamand), et en particulier avec sa section "mode". Les élèves ont reçu pour mission de créer des tenues modernes pour Barbie. Le résultat - des vêtements de tous les jours, robes de soirée et une robe de mariée - sont à voir également dans le cadre de l’exposition malinoise.

L’exposition est prolongée jusqu’au 19 avril 2020 au Musée du jouet de Malines, du mardi au dimanche entre 10h et 17 h.

Affiche de l'exposition 2019 Invision

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