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La Belgique perd des points au classement international des performances climatiques

Les performances de notre pays en matière de lutte contre les changements climatiques sont en dessous de la moyenne, si l’on en croit un classement établi par des ONG environnementales et publié ce mardi à l'occasion de la COP25 à Madrid, en Espagne. La Belgique descend ainsi de la 31e à la 35e place du "Climate Change Performance Index 2020".

Si la Belgique avait gagné une petite place l'an dernier, elle en perd quatre cette année. Cet indice, publié annuellement depuis 2005 lors des conférences climat de l'Onu par Germanwatch, the NewClimate Institute et the Climate Action Network, est établi avec l'aide de 350 experts énergétiques et climatiques, dont une bonne part sont membres d'ONG environnementales.

L'outil, qui se veut indépendant, analyse les politiques de 57 pays et de l'Union européenne, représentant plus de 90% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, à l'aune de 14 critères répartis en quatre catégories: les émissions, le recours aux énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la politique climatique.

La Belgique se voit attribuer une note "moyenne" pour ce qui concerne ses émissions de gaz à effet de serre et des notes carrément basses pour son recours aux énergies renouvelables, son efficacité énergétique et sa politique liée au climat. La note générale pour notre pays est "basse" et n'est pas en adéquation avec les objectifs de l'accord de Paris (contenir le réchauffement bien en-deçà de 2°C et si possible à 1,5°C).

Comme les autres années, les trois premières places du classement sont laissées vacantes, aucun pays ne menant une politique climatique jugée suffisamment ambitieuse, par les auteurs du rapport, au regard des objectifs de Paris. La quatrième place, qui consacre donc le pays le plus méritant du classement, revient à nouveau cette année à la Suède, qui devance le Danemark et le Maroc. L'Union européenne dans son ensemble occupe le 22e rang, devant la Chine, 30e.

Parmi les pays du G20, seuls le Royaume-Uni (7e) et l'Inde (9e) affichent une performance relativement bonne alors que huit pays figurent parmi les plus mauvais élèves. Les Etats-Unis, notamment, se retrouvent carrément à la 61e et dernière place, devancés même par l'Arabie saoudite (60e) et la Russie (52e).

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Lourde facture pour la Flandre ?

D’autre part, au lendemain de l’accord au gouvernement flamand sur un Plan climat, il apparait que la Flandre pourrait bien être sanctionnée parce qu'elle n'atteindra pas ses objectifs climatiques de 2020. Le Conseil socio-économique de Flandre (SERV) estime en effet que les diverses amendes et compensations de CO2 pourraient s'élever à 433 millions d'euros, selon un avis de cet organe consultatif des syndicats et employeurs, relayé par le quotidien De Tijd ce mardi.

Le gouvernement flamand a présenté lundi son Plan climat avec des mesures pour 2030 sur la table, mais il est déjà clair que ses objectifs climatiques de 2020 ne seront pas atteints. Les émissions de CO2 doivent normalement être réduites, d'ici la fin de l'année prochaine, de 15,7% par rapport à 2005, année de référence. Selon la ministre flamande de l'Energie, Zuhal Demir (N-VA, photo), la Flandre échouera.

Si la Belgique n'accomplit pas ses ambitions, l'Europe pourra lui infliger des amendes, répercutées sur les Régions. La Flandre peut encore éviter l'amende en achetant pour l'an prochain des droits d'émissions à des pays qui ont encore un budget CO2 excédentaire. Sur base des estimations actuelles, le nord du pays devrait acquérir pour 42 millions d'euros de droits d'émissions à l'étranger.

En outre, il semble que la Flandre n'atteindra pas non plus ses objectifs d'énergie verte. Pour éviter les sanctions, le gouvernement pourra acheter des capacités à la Wallonie, qui produit davantage d'énergie renouvelable que prévu. La Flandre devra aussi acheter des droits à l'étranger pour compenser son manque d'énergie verte. Le SERV estime que le coût pourrait s'élever à 318 millions d'euros. Si les objectifs d'économie d'énergie ne sont pas atteints, la Commission européenne pourra aussi lancer une procédure d'infraction, avec une amende probable de 73 millions d'euros.