Les films dans les cinémas belges seront accompagnés de pictogrammes

Dès le 8 janvier, une nouvelle classification entrera en vigueur pour les films qui sont présentés dans les cinémas de Belgique. Elle permettra de ranger au placard la différentiation simple actuelle entre "EA" (enfants admis) et "ENA" (enfants non admis) qui date de 1920. Le nouveau système baptisé "Cinecheck" comprendra 7 catégories d’âges et 5 mises en garde contre des contenus (violence, angoisse, sexe, discrimination, abus de drogues ou stupéfiants, langage grossier), qui seront explicités par des pictogrammes. Il est largement inspiré du système néerlandais de classification des contenus audiovisuels, le "Kijkwijzer".

La signalétique en vigueur depuis 100 ans stipule que tous les films sont interdits aux moins de 16 ans, à moins qu’ils soient accompagnés de la mention "enfants admis", décidée par une commission. Mais aux cabinets des ministres de la Culture des différentes Communautés on estimait que ce système n’est plus adapté à l’évolution actuelle des contenus et des modes de vie.

La nouvelle classification qui sera introduite le 8 janvier 2020 dans les cinémas belges émane donc d’un accord de coopération entre les Communautés flamande, française et germanophone et la Commission communautaire commune de la Région de Bruxelles-Capitale.

Un conseil, pas une interdiction

"Enfants admis" et "enfants non admis" sera affiné par un ensemble de 7 catégories d’âge : tous publics, 6, 9, 12, 14, 16 et 18 ans. Il s’agit de l’âge minimum que doit avoir un spectateur pour pouvoir voir le film. Plus précisément, il s’agit d’un conseil aux parents en fonction du contenu du film. Car, comme le souligne notamment le groupe de cinémas Kinepolis, l’âge limite ne sera pas imposé.

"En tant qu’exploitant de cinémas, nous avons le devoir de communiquer correctement ces données. Mais en définitive, ce sont les parents qui décideront si leur enfant peut aller voir ou non un certain film. Il s’agit donc d’un conseil, pas d’une interdiction", précisait la porte-parole Anneleen Van Troos à VRT NWS.

Quant aux six pictogrammes, ils mettront en garde contre la présence dans le film de violence, de passages angoissants, de sexe, de discrimination, d’abus d’alcool ou de stupéfiants, ou encore de langage grossier.

Pour établir cette classification, chaque distributeur doit remplir une liste de questions concernant le contenu de son film. En fonction de ses réponses, le film est placé dans une certaine catégorie d’âge et des pictogrammes lui sont adjoints, le cas échéant.

Distributeurs et exploitants sont ensuite obligés de placer la catégorie d’âge et les pictogrammes sur leur matériel de promotion et d’information. Un citoyen qui ne serait pas d’accord avec la classification d’un film peut introduire une plainte.