Affaire Boël : les résultats de l’analyse d’ADN du roi Albert II peuvent être rendus publics

La Cour de cassation a prononcé en audience publique, vendredi après-midi, le rejet du pourvoi introduit par le roi Albert II contre deux arrêts de la cour d'appel de Bruxelles, principalement celui du 25 octobre 2018 qui établit que Jacques Boël n'est pas le père légal de Delphine Boël et qui lui a ordonné de se soumettre à un test ADN. Ce rejet ouvre la voie, pour Delphine Boël (photo archives), à une éventuelle reconnaissance comme fille d’Albert II.

Les avocats du roi Albert II ont déposé ce vendredi matin les répliques écrites au réquisitoire de l'avocat général. La Cour de cassation a ensuite pris l'affaire en délibéré. Elle a décidé de suivre l'avis de l'avocat général, qui avait requis le rejet du pourvoi introduit. Le roi Albert II, par la voix de ses avocats, s'est pourvu en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel de Bruxelles du 25 octobre 2018 qui établit que Jacques Boël n'est pas le père légal de Delphine Boël et et qui a ordonné à l'ancien souverain de se soumettre à un test ADN, ainsi que contre l'arrêt au provisoire du 7 juin 2018 qui a renvoyé les débats sur le fond avant de pouvoir répondre à la demande d'un test ADN.

Ces arrêts étaient en conséquence suspendus dans l'attente de la décision de la Cour de cassation. La cour d'appel a cependant rendu un nouvel arrêt le 16 mai dernier qui a enjoint le roi Albert II à passer ce test à brève échéance, avec la garantie que les résultats ne seraient utilisés par la justice que dans le cas où la Cour de cassation avaliserait les précédents arrêts rendus et qu'une procédure en recherche de paternité soit ensuite entamée par Delphine Boël. Albert II (photo, au centre) s'est soumis à ce test génétique le 28 mai dernier.

La cour de cassation ayant confirmé les arrêts de la cour d'appel de Bruxelles, Delphine Boël peut désormais poursuivre la procédure en reconnaissance de paternité d'Albert II. Celle-ci a déjà été engagée en parallèle de la procédure de désaveu de paternité de Jacques Boël. Les débats se poursuivront devant la cour d'appel de Bruxelles.

Albert II et la reine Paola, en novembre dernier

L’affaire est en justice depuis 2013

Delphine Boël avait introduit une procédure en contestation de paternité de Jacques Boël, qui l'avait reconnue comme sa fille, en vue d'introduire ensuite une procédure en reconnaissance de paternité du roi Albert II, qu'elle considère comme son vrai père. Jacques Boël n'avait pas contesté l'action en désaveu de paternité. Il s'était livré à un test ADN qui avait révélé qu'il n'est effectivement pas le père biologique de Delphine.

Alors que le tribunal de première instance avait estimé en mars 2017 que Jacques Boël était le père légal de Delphine, compte tenu du fait qu'ils s'étaient comportés comme père et fille pendant des années, la cour d'appel a pris le contrepied de ce jugement en estimant qu'il ne l'est pas.

Delphine Boël a toujours déclaré être la fille du roi Albert II avec qui sa mère, Sybille de Selys Longchamps, a eu une liaison entre 1966 et 1984. C'est en 1999 que Delphine Boël a été présentée comme la fille illégitime d'Albert II par certains médias. Albert II a reconnu ensuite que son épouse, la reine Paola, et lui avaient "traversé une crise conjugale" dans les années 1970. Il n'a cependant jamais admis être le père biologique de Delphine Boël

Delphine Boël devant le palais de justice de Bruxelles (photo archives) BELGA