Les hommes et les femmes paieront-ils bientôt le même montant chez le coiffeur?

C’est bien connu, les femmes paient généralement bien plus que les hommes chez le coiffeur. La ministre fédérale de l’Egalité des chances, Nathalie Muyle (CD&V), envisage d’apporter un changement à cette situation en basant les tarifs des coiffeurs sur les services fournis, et non plus sur le sexe.

Alors que les hommes paient rarement plus de 20 ou 30 euros pour se faire couper les cheveux, le montant déboursé par les femmes s’élève aisément au double. Ajoutez-y une coloration et un brushing, et la somme totale atteint rapidement les 100 euros.

Relayé par le quotidien Het Nieuwsblad, le député PTB Robert d’Amico estime que cette différence de tarif est une discrimination sur base du sexe. Le parlementaire de la gauche radicale a dans ce cadre interpellé la ministre Nathalie Muyle sur la question.

Des tarifs basés sur les prestations

La ministre de l’Egalité des chances a ainsi fait savoir qu’elle était en faveur de nouveaux tarifs, basés sur le service fournis, et non plus sur le sexe du client. Le prix deviendrait donc le même pour une coupe de cheveux.

"Tout le monde devrait pouvoir obtenir la coiffure de son choix à un prix directement lié au temps de travail et à la complexité de la prestation, et non au fait que le client est un homme ou une femme", estime Nathalie Muyle. D’après elle, les tarifs des lavages, coupes et brushings devront être établis par le secteur.

"Les hommes devront payer plus"

Invité à s’exprimer sur les ondes de Radio 1 (VRT), le président de l’organisation coiffure.org, Stephane Coigné, a indiqué que cette différence de prix était déjà liée aux prestations et non au sexe. Selon lui, le travail et les techniques utilisées diffèrent fortement, ce qui explique les tarifs plus élevés pour les femmes.

Stephane Coigné constate par ailleurs une forte hausse de concurrence ces dernières années liée à l’apparition de barbiers, ou ‘barber shops’. "On peut peut-être dire que les hommes ne paient pas suffisamment. Mais en cas d’une égalisation des tarifs, ce sont les hommes qui risquent de payer plus cher, et non les femmes qui vont payer moins", estime-t-il.