Des lacunes en matière de sécurité constatées sur des blindés modernisés de la Défense

Environ 44 véhicules blindés de la Défense qui sont en cours de modernisation ne peuvent plus être utilisés en toute sécurité. C’est ce qui ressort de documents internes de la Défense que des journalistes de la VRT ont pu consulter. Parmi les anomalies constatées, des difficultés de freinage ou de direction dans les véhicules blindés modifiés. La Défense reconnaît les problèmes, mais affirme que les changements actuels ne sont pas définitifs.

La Défense avait acheté divers véhicules blindés de type Pandur en 1996, utilisés pour le commandement, le service médical ou la reconnaissance.  Ces véhicules ont aujourd’hui plus de 20 ans et devaient être rénovés et adaptés en profondeur. Il s'agit d'une Midlife Update (MLU) réalisée par le constructeur suisse Mowag. Ces modifications étaient nécessaires pour pouvoir continuer à utiliser les véhicules en toute sécurité à l'étranger.

Avec cette mise à jour, les Pandurs sont équipés, entre autres, d'un fond blindé et d'une nouvelle climatisation nécessaire pour des opérations dans des pays comme l'Irak et l'Afghanistan. Le fond blindé est destiné à mieux protéger leurs occupants contre d'éventuelles secousses dues à l'explosion d'une bombe artisanale.

Ces options supplémentaires rendent désormais l'habitacle fort exigu, selon la VRT. Un groupe test a constaté que les modifications entraînaient "un risque très élevé (à l'usage)" et rendaient la vie à bord très inconfortable.

La conclusion de ce groupe est que les véhicules ne sont pas opérationnels et peu pratiques. Une solution aurait été de sélectionner uniquement des militaires de moins d'1m70 comme chauffeurs et tireurs. La Défense examine la situation avec le constructeur suisse. Les véhicules devaient être exploités en 2021 au Mali, mais un une telle échéance semble aujourd'hui irréalisable. Ces Pandurs ne sont pas attendus avant 2022.