Mendiants de Noël à Bruxelles: pas de bandes organisées, mais des familles aux problèmes complexes

En cette période de fêtes de fin d’année, davantage de mendiants semblent être présents dans les rues de la capitale. Il s’agit souvent de familles roms originaires de Roumanie. Cette hausse perceptible relève-t-elle d’une coïncidence ? Pourquoi Bruxelles est-elle un pôle d’attraction pour ces personnes ? S’agit-il d’un business organisé ? Peut-on parler d’exploitation d’enfants ? Koen Geurts, coordinateur du centre d’intégration Le Foyer, a tenté de nous éclairer sur les ondes de Radio 1 (VRT).

"Durant la période de Noël, les gens font beaucoup de shopping, et sont globalement plus généreux", explique Koen Geurts. "L’accueil hivernal est également ouvert. Par ailleurs, la mendicité rapporte souvent bien plus chez nous que dans le pays d’origine de ces personnes", ajoute-t-il.

De nos jours, le voyage depuis Bucarest ne coûte pas cher, que ce soit en avion, mais naturellement aussi en bus. "Les villes telles que Bruxelles et Paris sont très attirantes, car on y parle français, une langue romane qui est donc plus facilement apprise par les Roms", indique le coordinateur du Foyer.

Ce dernier souligne en outre le fait qu’il existe des mendiants de Noël, des mendiants d’été, et puis ceux qui restent sur le long terme ici.

Exploitation d’enfants ?

La plupart du temps, ces personnes sont accompagnées par des enfants, ce qui pose souvent problème. Il est en effet impossible de savoir si ces mineurs sont exploités par leurs parents. "Ces derniers inversent souvent la donne en affirmant que ce serait de la négligence de leur part de ne pas être à leurs côtés".  

"Il s’agit avant tout d’être nuancés", rappelle Koen Geurts. "Ce sont des personnes qui ont besoin d’un certain accompagnement. C’est lié à une problématique très profonde de pauvreté et d’exclusion", précise-t-il. "Nous devons avant tout les informer sur leurs droits et leurs devoirs".

Familles individuelles

De par son expérience, Koen Geurts a pu constater que les Roms qui mendient dans les rues ne font pas spécialement partie de bandes organisées. "Nous voyons principalement des familles individuelles, qui connaissent évidemment d’autres familles originaires du même pays", explique-t-il. "Souvent, une famille informe l’autre, et cette dernière vient alors jusque chez nous. Parfois, certaines familles s’endettent pour payer leur voyage, ce qui les mène à une nouvelle problématique".

"La plupart du temps, le choix de venir à Bruxelles est un choix individuel. Cela n’empêche pas l’existence de bandes qui s’adonnent au trafic de personnes. Ces bandes visent alors davantage le jeunes non-accompagnés ou encore les personnes handicapées", conclut-il.