"La situation est grave et désespérée, un gouvernement d’urgence est peut-être la solution"

Le 21 décembre 2018, le Roi acceptait la démission du gouvernement Michel et le chargeait d'expédier les affaires courantes. Un an plus tard, et six mois après les élections du 26 mai, le gouvernement fédéral est toujours en affaires courantes. Pour le journaliste politique de la VRT Marc Van de Looverbosch, la situation est grave et désespérée mais il voit une solution possible dans la formation d’un gouvernement d’urgence ou provisoire. C’est ce qu’il a déclaré ce dimanche lors de l’émission "De zevende dag" où il était invité avec notre collègue de RTL-TVi Christophe Deborsu. 

Dans quelques jours, notre collègue Marc Van de Looverbosch prendra sa retraite, il a une longue carrière derrière lui comme journaliste politique à la VRT. Il aura vécu de près plusieurs crises politiques. Il est plutôt pessimiste lorsqu’on lui demande si l’on peut s’attendre à un déblocage en vue de la formation d’un gouvernement fédéral.

Les deux nouveaux informateurs Joachim Coens (CD&V) et Georges-Louis Bouchez (MR) tentent actuellement de mettre en place un gouvernement fédéral en partant du "centre", soit l'axe orange-bleu.

"L’orange-bleu, la famille libérale et démocrate-chrétienne ensemble, c'est ce qu'Yves Leterme avait tenté de faire en 2007", se souvient Marc Van de Looverbosch. "C'est comme un jeu de lego à présent, il faut toujours ajouter des blocs, parce que ces deux familles réunies n'ont plus de majorité. Et alors on se retrouve toujours avec le même problème : le bloc N-VA est ajouté du côté flamand et le bloc PS du côté francophone. On en revient à la construction violette-jaune. Et je ne vois pas comment ils pourraient obtenir un d'accord."

L'alternative est la violette ou l'arc-en-ciel, ajoute Marc Van de Looverbosch. " La différence entre l’arc-en-ciel de l'époque et maintenant c’est qu'à l'époque (en 1999-2003), il y avait un projet et une vision de ce à quoi la société devrait ressembler. Quel est le projet maintenant ? Je serais très curieux de le savoir."

Marc Van de Looverbosch décrit la situation actuelle comme étant "sérieuse et désespérée". Les informateurs doivent essayer de faire le pont avec la période de fin d'année. Le vrai travail ne redémarrera pas avant janvier."

Selon notre collègue, de nouvelles élections ne sont pas une bonne solution pour sortir de l'impasse actuelle. "Après de nouvelles élections, ce ne sera pas plus facile, au contraire", a-t-il ajouté dans "De zevende dag".

Marc Van de Looverbosch est favorable à la formation un gouvernement d'urgence ou intérimaire, qui pourrait s'occuper des questions urgentes. "En cette période de pression socio-économique et de Bexit, ça pourrait être un gouvernement avec un programme limité. Ainsi on pourrait continuer à travailler et essayer de former ensuite un gouvernement convenable."
 

John Crombez n’est pas contre un gouvernement qui serait minoritaire en Flandre

"Si Bart De Wever veut vraiment un gouvernement, il doit arrêter de faire de la communication stratégique", a estimé de son côté l'ancien président du SP.A John Crombez, lors de l'émission "De zevende dag". C'est la raison pour laquelle la Belgique n'a actuellement toujours pas de gouvernement fédéral, selon John Crombez, qui n'est pas contre l'idée d'un système qui imposerait de nouvelles élections après un certain laps de temps sans gouvernement.

Selon John Crombez, il est temps que le pays ait enfin son gouvernement. Chaque partie connait les positions des autres, et les possibilités, "mais tous les partis se rabattent sur une communication stratégique", constate-t-il.

Le président de la N-VA a répété récemment qu'il était lui-même prêt à remplir une mission royale d'informateur ou formateur. En réalité, il ne le souhaite pas, a estimé dimanche John Crombez. "Bart De Wever a eu deux fois l'opportunité de s'y mettre, il ne l'a pas fait", souligne-t-il.

Il n'est par ailleurs pas anormal que le SP.A ne se soit que peu fait entendre ces derniers temps, estime l'ex-président des socialistes flamands. Il fait partie des plus petits partis dans les discussions.

Quant à l'idée de former un gouvernement qui serait minoritaire côté flamand, "les gouvernements précédents n'avaient pas non plus de majorité dans l'une des parties du pays", rappelle John Crombez.