Koen Geens propose d’accorder cinq voix par électeur

"Je serais favorable à ce qu'on donne à chaque électeur cinq voix pour chaque élection, qu'il puisse panacher." C'est l'étonnante proposition que formule mardi Koen Geens (CD&V) dans La Dernière Heure, De Morgen et Het Laatste Nieuws pour éviter que la formation d'un gouvernement fédéral ne devienne plus difficile et plus longue après chaque scrutin. L'actuel ministre de la Justice évoque en outre ouvertement une nouvelle réforme de l'Etat en 2024.

Sept mois après les élections, il n'y a toujours pas de formation d'un nouveau gouvernement fédéral en vue. Le paysage est plus fragmenté que jamais, avec de grands contrastes entre le nord et le sud. Cela conduit à un report, note Koen Geens. "Il y aura un gouvernement entre Noël et Pâques. Si Pâques tombe tard, du moins", prédit-il.

Dans un système électoral proportionnel comme le nôtre, le vote de colère a un impact majeur et paralyse la formation du gouvernement, constate le ministre. La solution selon lui: davantage de votes par électeur. Pour qu'il puisse exprimer son opinion d'une manière plus nuancée et ne pas se limiter à cette seule voix de protestation émotionnelle.

"Les gens 'panachent' déjà aujourd'hui lors d'élections tombant en même temps: en Flandre, au fédéral et à l'Europe, ils votent pour trois partis différents. Autorisez-les à faire aussi cela même s'ils n'ont qu'à voter pour le Parlement fédéral. Donnez-leur cinq voix au lieu d'une. Pour qu'ils puissent par exemple en donner deux à Groen, parce que le climat les concerne, un au Vlaams Belang, car ils veulent une politique migratoire stricte, et deux au CD&V, parce que nous défendons la paix et la sécurité", illustre Koen Geens. "Vous ne prenez pas les gens au sérieux en les limitant à un seul vote. Et vous ne servez pas notre démocratie avec cela."

Le ministre de la Justice ouvre par ailleurs la voie à une nouvelle réforme de l'Etat à la fin de cette législature fédérale. "Mon but, c'est de donner une solution durable à ce beau petit pays qu'est la Belgique et de lui donner par une septième réforme de l'État une structure plus efficace à partir de 2024", confie-t-il ainsi dans La Dernière Heure.