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Le Roi appelle à la formation d'un gouvernement fédéral le plus rapidement possible

Dans son traditionnel discours de Noël, le roi Philippe rappelle les hommes politiques belges à la dure réalité. "Les défis auxquels nous sommes confrontés ne manquent pas : pour nos sociétés, pour notre planète. Nous les connaissons et nous en déclarons même l’urgence. "Dans une très grande mesure, nous en connaissons aussi les solutions. Alors, comment les traduire en actions concrètes ? Tout est une question d’attitude", déclare le souverain.

Alors que la Belgique est privée de gouvernement fédéral depuis plus d'un an, le roi déclare: "Il est capital que nous mettions en place le plus rapidement possible un gouvernement fédéral de plein exercice, capable de prendre des décisions équilibrées et de les porter ensemble avec fermeté, sans plus tarder".

Le roi Philippe appelle à ne pas céder au court-termisme : "Privilégions le long terme. En nous investissant dans des solutions dont nous ne verrons pas nécessairement les résultats nous-mêmes. Mais qui bénéficieront aux générations qui nous suivent".

Et le roi fait référence à sa fille, le princesse Elisabeth, qui vient de fêter son dix-huitième anniversaire, "entourée de jeunes de sa génération qui ont foi en l’avenir".

Le roi Philippe aussi croit en la jeunesse et "en l’énorme potentiel de notre pays, en notre capacité collective à relever les défis. A condition d’unir nos forces et de rechercher l’unité dans la diversité, dans le respect des sensibilités de chacun".

A noter encore ce détail qui a pourtant son importance, contrairement à l’année dernière et aux années précédentes, le feu ouvert qui se trouve derrière le roi ne brûle pas. L’an dernier des critiques avaient été formulées à cause de cela, car un feu ouvert est nuisible à l’environnement.

Autre détail, la cravate portée par le roi, est celle qu’il portait lorsqu‘il a présenté sa future épouse Mathilde à la presse. Un clin d’œil à son épouse, après leur 20 ans de mariage.  

Texte intégral du discours de S.M. le Roi

Mesdames et Messieurs,
Noël et les fêtes de fin d’année sont un temps de joie et de retrouvailles pour beaucoup d’entre nous. La Reine et moi, nous nous réjouissons pour ceux qui vivent ce temps de vrai bonheur, de partage avec leurs proches. Mais nos pensées vont aussi vers tous ceux dont la souffrance ou la solitude se fait d’autant plus sentir pendant ces jours de fêtes.
Et nous remercions ceux qui donnent leur temps et leur cœur pour les soutenir et les encourager.
Nous vivons une époque charnière. De remise en question de notre modèle social, économique, environnemental. Une époque où beaucoup ont perdu leurs repères. Et qui exige donc de nous une implication plus importante. Ce n’est pas l’heure du renoncement.
Les défis auxquels nous sommes confrontés, pour nos sociétés, pour notre planète, nous les connaissons. Nous en déclarons même l’urgence. Dans une très grande mesure, nous en connaissons aussi les solutions. Alors, comment les traduire en actions concrètes ?
Tout est une question d’attitude.
Pour changer les choses, il faut d’abord être convaincu, et agir en conséquence. Nous sommes responsables de nos actes. Soyons davantage conscients que notre comportement individuel a des implications pour les autres. Ne cédons pas au court-termisme. Privilégions le long terme. En nous investissant dans des solutions dont nous ne verrons pas nécessairement les résultats nous-mêmes. Mais qui bénéficieront aux générations qui nous suivent.
Il s’agit aussi de voir et d’entendre. Nous ne pouvons pas rester indifférents à l’injustice, à la pauvreté, à l’exclusion. A la violence aussi, trop présente autour de nous : cachée au sein des foyers, sournoise dans l’abus d’alcool et de drogues, en particulier chez les jeunes, insidieuse dans la médisance et le soupçon, explicite dans le langage qui juge et le geste qui détruit.
Soyons conscients de notre force collective. C’est le mouvement de ceux qui ne se résignent pas. C’est aussi la force tranquille, l’action discrète et puissante de tant de nos concitoyens qui s’engagent pour une société plus humaine.
Enfin, pour canaliser les énergies et la créativité, il nous faut un état d’esprit constructif qui permet de rassembler autour de projets communs.
Aujourd’hui, il est capital que nous mettions en place le plus rapidement possible un gouvernement fédéral de plein exercice, capable de prendre des décisions équilibrées et de les porter ensemble avec fermeté. C’est ce sur quoi nous comptons, sans plus tarder.
Mesdames et Messieurs, 

Nous aurons l’avenir dans lequel nous croyons.

Pour son dix-huitième anniversaire, notre fille Elisabeth était entourée de jeunes de sa génération. Ils ont exprimé leur foi dans l’avenir. Nous avons vu une jeunesse lucide et prête à s’engager.

Avec eux, je crois en l’énorme potentiel de notre pays, en notre capacité collective à relever les défis. A condition d’unir nos forces et de rechercher l’unité dans la diversité, dans le respect des sensibilités de chacun.

La Reine et moi vous souhaitons une joyeuse fête de Noël et une heureuse nouvelle année.