Kurt Desplenter

La commune de Coxyde refuse actuellement d'accueillir de nouveaux demandeurs d’asile

La ministre de l'Asile et de la Migration Maggie De Block (Open VLD) a demandé, cette semaine, à la commune de Coxyde (Koksijde) au littoral d’accueillir à nouveau des demandeurs d'asile. Mais la commune a répondu qu’elle n’avait pas l'intention de le faire pour le moment.

Les demandeurs d'asile qui pourraient venir à Coxyde se trouvent actuellement à Bredene. "Le traitement des dossiers prenant trop de temps, il y a une suroccupation dans les centres d'accueil. Il faut donc en ouvrir de nouveaux ", a déclaré le bourgmestre Marc Vanden Bussche (Open VLD).

En 2016, Coxyde a déjà accueilli temporairement 300 personnes dans plusieurs bâtiments inoccupés de la base aérienne. Aujourd'hui, la ministre Maggie De Block demande à la commune du littoral de de faire de même pour 400 demandeurs d'asile. Mais le bourgmestre a donné un avis négatif. " Je tiens à être clair a déclaré Marc Vanden Bussche. "Nous comprenons très bien qu'il y a un problème de place. Mais il y a aussi un gros problème de sécurité".

Une reconversion de la base aérienne est prévue. La commune prévoit d'acheter le bâtiment où doivent être hébergés les migrants et de le transformer pour le service technique
Marc Vanden Bussche

"Tout d'abord, l'arrivée de 400 demandeurs d'asile signifie beaucoup de travail supplémentaire pour notre personnel administratif et surtout pour la police. Et ils ont déjà du travail par-dessus la tête. Il ne faut pas oublier que la police manque encore toujours de personnel et nous ne verrons pas de sitôt arriver des effectifs supplémentaires".

"Nous constatons déjà une très forte augmentation de migrants en transit dans la région. Cette semaine, pas moins de 35 personnes ont été interceptées dans un tram. Nous sommes également proches de la frontière française."

"Nous allons aussi être confrontés au Brexit. Cela implique déjà beaucoup de travail supplémentaire. Et Coxyde se trouve aussi sur la route de contrebande entre Zeebrugge et Calais. Enfin, dernière raison, une reconversion de la base aérienne est prévue. La commune prévoit d'acheter le bâtiment où les demandeurs d'asile devraient séjourner et de le transformer pour le service technique".

Marc Vanden Bussche ne veut pas que les problèmes se reproduisent comme en 2016. "Cet accueil de 9 mois s'est peut-être bien passé sur le plan humanitaire, mais il y a eu des problèmes. Malgré le filtrage, il s'est avéré qu'il y avait parmi les demandeurs d'asile des passeurs et des personnes recherchées".

"Nous comprenons qu'il y a une demande d'accueil et continuerons à discuter à ce sujet après le Nouvel An, mais pour l'instant, notre réponse est négative à 100 %. Je voudrais également dire qu'il est toujours dommage que le plan de répartition des demandeurs d'asile entre les communes n'ait jamais été appliqué".