ROBIN UTRECHT

Treize personnes atteintes d’autisme assignent les autorités flamandes en justice

Treize personnes atteintes d’autisme ont entamé un recours en justice contre une mesure du VAPH, l’Agence flamande pour les personnes avec un handicap. Elles entendent ainsi contester la baisse de 30% du budget qui leur est accordé pour les soins et l’aide spécialisée dont elles ont besoin.

Depuis 2017, les adultes atteints d’un handicap perçoivent un budget des autorités flamandes afin de financer une partie des soins qu’ils nécessitent. La valeur de ce soutien financier dépend généralement de l’importance de l’aide requise.

Face à certaines inégalités engendrées par ce système, le VAPH désire graduellement rééquilibrer la donne à partir du 1er janvier 2020. Parmi les 20.000 adultes concernés, près de la moitié recevra plus d’argent dès l’an prochain. Le reste verra son budget diminuer.

Cette baisse liée à la nouvelle répartition s’élève pour la plupart des personnes concernées à 10 ou 20% du soutien. Pour une minorité d’entre elles toutefois, elle atteint les 30%.

L’autisme, "un handicap invisible"

D’après l’avocat des treize personnes qui assignent les autorités flamandes en justice, la diminution du budget n’a pas été motivée de façon individuelle et ne tient pas compte des soins réels dont ces personnes ont besoin au quotidien.

"Les gens atteints d’autisme luttent contre un handicap invisible. On sous-estime souvent combien d’aide ils ont besoin pour fonctionner et organiser leur vie, surtout lorsqu’ils vivent de façon indépendante", fait-il savoir.

Selon le VAPH, les personnes qui verront leur budget diminuer continueront de recevoir le même soutien. Maria Declercq, maman de Mathias, atteint d’autisme, n’y croit toutefois pas. "Je ne vois pas comment Mathias recevra la même aide avec un quart de budget en moins. Il recevra peut-être bientôt un accompagnement par jour, à la place de deux. Et ce n’est pas admissible. Il a vraiment besoin de ce soutien", conclut-elle.