Mesures plus strictes envers les demandeurs d’asile qui ne respectent pas la procédure

La ministre fédérale à l'Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD), a annoncé ce samedi deux nouvelles mesures privant d'accueil en Belgique des demandeurs d'asile qui ont contourné certaines règles européennes en la matière. L'objectif, selon la ministre libérale, est de garantir une place d'accueil aux "vrais primo-arrivants" pendant les mois d'hiver. Ces mesures devraient en effet permettre de "libérer" 250 à 300 places d’accueil.

Deux profils spécifiques de demandeurs d'asile sont visés par les mesures plus strictes annoncées par la ministre Maggie De Block. Les premiers sont ceux ayant déjà obtenu la protection dans un autre État membre de l'Union européenne mais qui poursuivent leur route jusqu'en Belgique pour y demander là aussi l'asile, ainsi que l'accueil, "pour des raisons sans rapport avec l'asile", indique la ministre du gouvernement d'affaires courantes. Elle qualifie cette pratique de "shopping de l'asile".

Les seconds sont ceux qui refusent de retourner dans l'État membre où ils ont fait l'objet de leur premier enregistrement dans l'Union européenne. C'est pourtant cet Etat qui doit, selon le règlement européen dit de Dublin, traiter leur demande. Dans ce cas, la Belgique a six mois pour renvoyer le demandeur vers ce pays de premier enregistrement, sans quoi elle devient responsable du traitement du dossier.

"C'est pourquoi certains demandeurs d'asile se cachent pendant six mois, par exemple auprès de leur famille, de leurs amis ou de leurs connaissances, sans laisser d'adresse à l'Office des Étrangers. D'autres changent presque quotidiennement d'adresse pour rendre le suivi impossible. Ils réapparaissent lorsque les six mois sont écoulés, pour demander à nouveau l'asile et donc être accueillis", expose la ministre De Block.

L'Office des Étrangers peut cependant déjà, quoi qu'il en soit, prolonger jusqu'à 18 mois le délai pour quitter le territoire s'il y a un risque sérieux de dissimulation.

Campagne d’information

Désormais, ces deux profils ne pourront plus bénéficier de l'accueil en Belgique. Ils continueront à recevoir du soutien s'ils veulent retourner dans le pays où ils disposent d'un statut (asile octroyé ou en procédure). De plus, comme l'agence Fedasil évaluera le refus d'accueil sur base individuelle, elle tiendra compte de la vulnérabilité des personnes concernées, comme par exemple en cas de maladie, précise la ministre De Block.

Une campagne d'information destinée spécifiquement à ces groupes cibles sera également lancée pour dissuader les abus dans les procédures d'asile. Le réseau d'accueil de Fedasil est surchargé depuis quelque temps déjà, non seulement en raison de l'afflux des demandeurs d'asile - en Belgique comme dans d'autres pays d'Europe - mais aussi de la longueur de la procédure d'examen de la demande.

Il est en outre de plus en plus compliqué pour Fedasil de trouver des lieux d'accueil vu les protestations des riverains de centres d'accueil en projet, comme à Bilzen (où un local a même été incendié), Zoutleeuw ou Coxyde.

Maggie De Block estime que les mesures plus strictes annoncées ce samedi permettront de dissuader quelque 250 à 300 demandeurs d’asile par mois de venir en Belgique, libérant ainsi autant de places dans les lieux d’accueil pour les primo-arrivants qui en ont réellement besoin.

Sophie Kip