Jambon sur les allocations familiales: "J'ai mal estimé à quel point cela pouvait provoquer une agitation"

Le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), a reconnu mardi devant le Parlement flamand que sa fonction lui imposait de rassembler les gens. Le ministre du Bien-être, Wouter Beke (CD&V), a quant lui communiqué une série de chiffres sur les allocations familiales et les sommes récupérées rétroactivement par certaines familles.

Jan Jambon avait créé une vive polémique en début d'année après avoir déclaré qu'une famille de réfugiés avait pu s'acheter une maison grâce au montant d'allocations familiales qu'elle avait touché rétroactivement.

"Je me rends compte qu'en tant que chef de gouvernement, je dois créer du lien. L'équipe mais aussi au-delà de l'équipe", a-t-il déclaré en réponse à une série d'interpellations en commission du Parlement flamand. "J'ai peut-être mal estimé à quel point cela pouvait provoquer une agitation", a-t-il ajouté.

Ce que disent les chiffres

Lors de la séance, le ministre du Bien-être, Wouter Beke (CD&V), a communiqué une série de chiffres sur les allocations familiales et les sommes récupérées rétroactivement par certaines familles.

Entre 2014 et 2019, l'administration a recensé 2.524 demandes de versement rétroactif d'allocations familiales pour un montant supérieur à 10.000 euros. Mais les motifs invoqués sont multiples et il ne s'agit pas principalement de réfugiés mais, par exemple, de personnes qui ont un enfant handicapé ou qui sont venues de l'étranger.

Un cas est toutefois mentionné dans lequel la rétroactivité couvre une période de séjour illégal en Belgique, et qui a donné lieu au paiement de 91.000 euros. Les règles ont depuis lors changé et un titre de séjour doit être produit pour prétendre à des allocations familiales.

Le nouveau gouvernement entend encore durcir les conditions et faire en sorte que la période de la demande d'asile ne puisse plus être prise en compte pour le calcul des arriérés.

"Carabistouilles"

Sur les bancs de l'opposition, les écologistes se sont dit satisfaits de la réponse de Wouter Beke. "Les chiffres montrent que M. Jambon a raconté des carabistouilles. Je ne comprends toujours pas ce que vous cherchiez", a souligné Björn Rzoska (Groen).

Hannelore Goeman (SP.A) a déploré que M. Jambon n'ait pas reconnu qu'"il avait menti". "C'est la stratégie typique de polarisation de l'extrême-droite", a-t-elle ajouté tandis.

De son côté, le part d’extrême-droite Vlaams Belang s'est saisi du cas de 91.000 euros cités par Wouter Beke pour en dénoncer l'effet sur les "Flamands qui ont passé la période de Noël dans la misère".