En Flandre, le prix des maisons a augmenté quatre fois plus que l’inflation

Pour la première fois en 10 ans, les prix des habitations en Flandre ont augmenté quatre fois plus vite que l'inflation, si l’on en croit un baromètre immobilier publié ce jeudi par la société ERA et l'Université catholique de Louvain, la KU Leuven. L’économiste immobilier Sven Damen estime cependant que l’abolition récente du bonus logement va freiner la hausse des prix des logements.

Les prix des maisons ont connu une hausse de 3,52% l'an dernier, pour une inflation mesurée à 0,76%. Les prix des appartements ont même flambé de 5,34%. Les propriétaires qui voulaient vendre ont donc fait de bonnes affaires.

Les centres villes les plus onéreux sont actuellement ceux de Louvain (Brabant flamand), Anvers et Bruges (Flandre occidentale), les moins chers se trouvant à Genk (Limbourg), Roulers et Courtrai (Flandre occidentale), indique ce baromètre qui analyse le marché immobilier flamand des 15 dernières années et sur la base des chiffres de quelque 60.000 transactions d'agents immobiliers ERA.

Les auteurs du baromètre ne s'attendent pas à ce qu'un tel rythme de hausse des prix se poursuive au cours des prochaines années, d'autant moins après la suppression du bonus logement au nord du pays (woonbonus), au 31 décembre. Cet avantage était octroyé à ceux qui empruntent pour l'achat d'un bien immobilier.

L’économiste immobilier Sven Damen précise : "A moyen terme, c’est avant tout la capacité d’emprunt des ménages qui détermine les prix du marché : plus les Flamands peuvent emprunter d’argent, plus ils dépensent aussi pour un logement. Cette capacité d’emprunt dépend des revenus, de l’intérêt hypothécaire et du bonus logement. L’abolition du bonus aura pour conséquence que les Flamands pourront emprunter entre 9 et 13% en moins". 

Sven Damen estime donc que les prix du marché immobilier vont "peut-être encore augmenter mais à un rythme plus normal. Je suppose que l’accessibilité financière des logements ne va pas diminuer".

Ventes rapides

Le baromètre immobilier indique également que l‘annonce de la disparition du bonus logement a réduit le nombre moyen de jours qu’un bien immobilier était proposé sur le marché. "Les années passées, ce nombre a tourné autour de 100 jours, mais pendant le dernier trimestre de 2019 il est subitement passé à 88 jours".

De nombreux ménages ont en effet acheté très rapidement un bien pour pouvoir encore bénéficier du bonus logement.

Entre 2006 et 2008 on a également vu que des habitations pouvaient être vendues aussi rapidement. "Ce n’est pas par hasard : à cette époque le bonus logement venait d’être introduit en Flandre", rappelle Sven Damen. "Pendant cette même période, les prix des maisons ont également nettement augmenté. Avant de se stabiliser par la suite".

Minerva Studio