Laurie Dieffembacq

Davantage de demandeurs d’asile l’an dernier, mais moins de dossiers traités

Environ 23.000 demandeurs d’asile sont arrivés en Belgique en 2019. S’il s’agit d’une hausse par rapport à 2018, on est cependant loin du pic de 2015, année durant laquelle on avait compté environ 39.000 arrivées. Fait marquant : moins de dossiers ont été traités l’an dernier, ce qui a pour conséquence que les demandeurs d’asile demeurent plus longtemps en centre d’accueil dans l’attente d’une réponse.

D’après le commissaire général aux réfugiés et aux apatrides, Dirk Van Den Bulck, la hausse enregistrée en Belgique touche également d’autres pays voisins comme la France, les Pays-Bas et le Luxembourg, ainsi que les Etats qui ont une frontière hors-européenne, tels que la Grèce, l’Espagne, Malte ou Chypre.

Le nombre de demandeurs d’asile reconnus comme réfugiés en Belgique a toutefois diminué. Selon Dirk Van Den Bulck, cette situation est liée au fait que certains d’entre eux avaient déjà demandé l’asile dans un autre pays de l’Union européenne, et qu’il n’y a dès lors pas de raison que notre pays leur accorde encore une reconnaissance.

Du changement dans les origines

Parmi les demandeurs d’asile qui séjournent en Belgique, le plus grand groupe reste celui originaire de Syrie. Dans le top 3, on ne retrouve toutefois plus les Afghans et les Irakiens, mais bien les Palestiniens et les Salvadoriens, suivis des Erythréens.

On notera également que le traitement des dossiers a fortement diminué en 2019, allant jusqu’à 8.000 décisions finales en moins qu’en 2017. Cette situation est principalement liée aux économies imposées au personnel. La conséquence se fait toutefois ressentir sur le terrain : alors que les dossiers sont à la traîne, les demandeurs d’asile restent plus longtemps dans les centres d’accueil, ce qui engendre un manque croissant de places pour les nouveaux-arrivants.