Michele D'Ottavio

Une cyberattaque met des usines du groupe belge Picanol à l’arrêt

L'usine yproise du groupe de fabrication de métiers à tisser Picanol et sa filiale chinoise étaient en grande partie à l'arrêt ce lundi matin à la suite d'une attaque informatique. C’est ce qu’a rapporté la chaîne locale Focus-WTV. L'entreprise elle-même a confirmé l'information. Une usine Picanol en Roumanie serait également affectée. Il n'est pas encore clair s'il s'agit d'un virus, ni si des pirates se sont manifestés.

Les systèmes IT de la multinationale belge sont à l'arrêt. "Nous avons reçu un appel ce matin de notre usine en Chine faisant état de plusieurs systèmes défaillants. Un même appel nous est parvenu depuis Ypres", a indiqué le directeur de la communication Frederic Dryhoel.

Il indique qu’il est maintenant clair qu’il s’agit d’une attaque avec un logiciel de rançon - un logiciel malveillant qui prend en otage des données personnelles. L’entreprise ne parvient ainsi plus à avoir accès à ses données. Les criminels réclament ensuite de l’argent pour débloquer le système.

D’après le directeur Dryhoel, les cybercriminels auraient demandé une rançon pour rendre l’accès au système. Mais l’entreprise n’a pas accédé à la demande des pirates informatiques et a plutôt fait appel à la police.

Certaines unités du groupe Picanol peuvent encore travailler, mais de façon générale une grande partie de la production a été interrompue, les systèmes IT étant totalement bloqués. L’ensemble de la production dans l’usine de métiers à tisser étant informatisée, la cyberattaque se révèle paralysante.

"Nous ne pouvons plus envoyer d’informations vers les différents départements de production. Nous devons donc voir, département par département, combien de temps il nous est encore possible de travailler". Le site internet de Picanol est également inaccessible actuellement.

Ce lundi, Picanol fabriquait encore des métiers à tisser, sur base des pièces qui sont encore disponibles. "Mais la fonderie ne travaille déjà plus ce lundi", précisait Frederic Dryhoel. Le directeur de la communication espérait que l’usine sera à nouveau rapidement opérationnelle.

Pas la première fois

Ce n’est pas la première fois qu’une entreprise en Belgique est victime d’un logiciel de rançon. L’été dernier, le producteur de pièces détachées pour avion Asco, à Zaventem (Brabant flamand), était affecté par une cyberattaque assez semblable.

Et en octobre, l’Université d’Anvers éprouvait aussi des problèmes après que les ordinateurs de son administration aient été attaqués par un rançongiciel.