Le deuxième plus gros diamant brut au monde sera taillé à Anvers

Le "Sewelo" (photo), un diamant de 1.758 carats (un peu plus de 350 grammes) découvert en avril 2019 dans une mine du Botswana (Afrique australe), est en route pour Anvers où il y sera transformé en bijoux pour la marque de luxe Louis Vuitton. Le maroquinier français a mis la main sur cette pierre d'exception après un accord avec le groupe d'extraction de diamants Lucara, propriétaire de la mine où a été découvert le diamant. C'est l'entreprise anversoise HB qui est chargée de la taille, du polissage et de sa transformation en plusieurs plus petites pierres précieuses.

Le "Sewelo", qui signifie "découverte rare" en langue Tswana, est le deuxième plus gros diamant brut jamais trouvé au monde. Il est de qualité "presque gemme", ce qui aurait pu davantage le destiner à des applications industrielles, mais certaines de ses parties sont de qualité "gemme blanche".

Le montant d'achat du diamant n'a pas été communiqué, mais un autre diamant de 1.109 carats découvert dans la même mine par Lucara a été vendu 53 millions de dollars en septembre 2017 au joaillier britannique Laurence Graff.

Ici, Lucara conserve 50% de la valeur des pierres qui seront obtenues à partir du diamant brut. Cinq pour cent des revenus des bijoux qui seront obtenus à partir de la pierre brute financeront des initiatives de Lucara en faveur de la population locale au Botswana.

Le record historique du plus gros diamant au monde est toujours détenu par le légendaire "Cullinan" de 3.016,75 carats, découvert en 1905 en Afrique du Sud. Il avait été transformé en neuf diamants pour les Joyaux de la Couronne britannique.

"On ne peut se permettre des erreurs"

D’après Paul Van der Steen du Centre de recherche scientifique et technique pour le diamant (WTOCD), "l’expertise pour travailler une pierre de cette taille se trouve avant tout à Anvers. C’est pourquoi le choix se porte en premier sur notre ville".

"Pour travailler de façon optimale pareille pierre, il faut en faire une carte en trois dimensions. Cela se fait en mesurant très exactement le diamant avec une technologie numérisée. Un logiciel est ensuite utilisé pour calculer la meilleure taille de la pierre. La transformation optimale est une combinaison de divers facteurs. Ce n’est pas forcément la plus grosse pierre qui est la meilleure solution. Ce qui rend les choses nettement plus compliquées", précisait Paul Van der Steen au micro de l’émission "De wereld vandaag" (VRT).

De plus petits morceaux de haute qualité valent davantage que de grands morceaux de qualité moindre. "La plupart du temps il faut diviser une grosse pierre est morceaux de poids moins élevé mais de meilleure qualité. Ensemble, ils valent alors davantage que la grosse pierre d’origine".

"Une fois la pierre mesurée, elle est partagée en morceaux d’après les plans calculés par l’ordinateur. Cela se fait actuellement avec un laser. Tout le processus prend plusieurs mois. Cela engendre beaucoup de stress, parce qu’on n’a qu’une chance. Le diamant ne peut être taillé qu’une fois. On ne peut donc se permettre des erreurs", concluait Van der Steen.