A Davos, Sophie Wilmès promeut la Belgique : "Nous sommes loyaux, flexibles et très compétents"

La première journée du Forum économique mondial de Davos s'est clôturée mardi soir avec la Belgian Power Reception, une soirée destinée à vendre les atouts belges à l'étranger. Le roi Philippe et la reine Mathilde (photo, 2e et 3e depuis la gauche) étaient présents, tout comme de nombreux chefs d'entreprises belges mais aussi de (futurs) investisseurs étrangers. L'occasion pour la Première ministre Sophie Wilmès (photo, 2e depuis la droite) de vendre les atouts de la Belgique, porte d'entrée vers l'Europe et ses 500 millions de consommateurs. Ce mercredi matin, la Première ministre rencontrait Félix Tshisekedi à Davos et annonçait qu’elle se rendra en République démocratique du Congo en février.

Centre de la diplomatie, QG global, nation multilingue et multiculturelle... La Première ministre Sophie Wilmès n'a cessé de vanter en Suisse les atouts que peut représenter un petit pays comme la Belgique pour des investisseurs étrangers. Lors de cette Belgian Power Reception agrémentée de bouchées et bières belges (sans alcool), elle a pour une fois fait fi de la modestie qui caractérise le peuple belge pour mettre en avant ses compétences, ce "capital humain loyal, flexible, très compétent".

Le pays a-t-il tout pour plaire? Non, la Belgique fait aussi face à des "défis, comme tout le monde mais nous sommes lucides et ouverts sur ceux-ci", estime Wilmès. Le gouvernement est en affaires courantes depuis plus d'un an mais sa Première ministre intérimaire n'a eu de cesse de répéter mardi que la porte du business était toujours ouverte.

Elle retire de cette première journée, ponctuée de nombreux entretiens, un sentiment de satisfaction. "La magie de Davos est d'avoir des rendez-vous très différents", glissait-elle, évoquant le Forum comme une "ruche à idées". Pour elle, la "forte connexion entre le privé et les investissements publics" doit être poursuivie, ce que permet une réunion annuelle comme Davos.

"En quelques jours, on peut apprendre beaucoup", confirmait Alexander De Croo, vice-Premier ministre et ministre des Finances, également du voyage. Le rassemblement de tous ces chefs d'Etats et d'entreprises au même endroit permet également de gagner du temps. "Si je devais aller voir chaque personne indépendamment, cela me prendrait un mois, alors qu'ici, tout le monde est rassemblé", avance-t-il. "Le message de Davos est bien plus large que les caricatures qu'on peut en faire. Ce n'est pas que du business. On montre que les entreprises ont aussi une responsabilité sociale et environnementale."

Pour Jacques Vandermeiren, CEO du port d'Anvers, Davos représente également une opportunité de mettre en avant son entreprise, "un des plus grands ports au monde, en connexion journalière avec plus de 1.300 ports". Pour le chef d'entreprise, "il est important de se montrer et de montrer ses atouts". "Alors que la coopération internationale est sous pression, avec des pays qui ne se parlent plus, un moment comme celui-ci est encore plus important", ajoute Alexander De Croo. Même si du concret ne ressort pas toujours de ces réunions, "la première chose à faire est de se parler, sinon rien ne se passe".

Rencontre avec le président congolais et voyage en RDC en février

A l’issue d’une rencontre avec le président congolais Félix Tshisekedi, ce mercredi à Davos, la Première ministre belge a annoncé qu’elle mènera une mission en République démocratique du Congo (RDC) début février, qui permettra de "consacrer les relations" entre les deux pays. Le ministre des Affaires étrangères, Philippe Goffin, et le ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo, sont également annoncés pour le voyage.

Les points qui fâchent n'ont pas été abordés ce mercredi matin. Félix Tshisekedi et Sophie Wilmès ont surtout discuté de "l'importance de communiquer entre nous et de marquer nos relations plus officiellement". Les deux responsables politiques se reverront "dans deux semaines et demi, lors d'une mission que je mènerai en RDC", a précisé la Première ministre, soulignant que "beaucoup d'investisseurs veulent travailler avec le Congo".

Une série de points de discussion seront à l'agenda, comme la réouverture d'un consulat congolais à Anvers ou encore la nomination par la RDC d'un ambassadeur à Bruxelles. "Ce sera aussi l'occasion d'ouvrir le consulat général de Lubumbashi", qui a rouvert officiellement ses portes début janvier. Les deux pays sortent d'une grave crise diplomatique, mais leurs relations se sont largement normalisées depuis l'entrée en fonction de Félix Tshisekedi, sorti vainqueur de la présidentielle contestée du 30 décembre 2018.

Bruxelles et Kinshasa avaient scellé leur réconciliation lors d'une visite officielle de Tshisekedi en Belgique en septembre (photo ci-dessous). La crise avait été causée par le report des élections en RDC, initialement prévues fin 2016 et des critiques exprimées par le gouvernement belge. Elle avait mené à la suspension du Programme de Partenariat militaire (PPM) bilatéral en avril 2017, puis début 2018 à la suite d'"une révision fondamentale" de la coopération décidée par le gouvernement belge jusqu'à "l'organisation d'élections crédibles" en RDC. En représailles, le gouvernement congolais avait ordonné à la Belgique de fermer son consulat général à Lubumbashi, de mettre fin aux activités de sa nouvelle agence de développement (Enabel) et de fermer la Maison Schengen à Kinshasa.