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Quelle est la structure étatique "idéale" pour la Belgique? Voici la réponse des 7 partis flamands

Dans un entretien accordé au magazine politique Wilfried, le président du MR et informateur royal, Georges-Louis Bouchez a déclaré être "pour un Etat unitaire", sans régionalisation de compétences. Ses propos ont relancé les discussions sur la structure étatique de notre pays. Les responsables politiques flamands parlent souvent de confédéralisme, de séparatisme ou de fédéralisme, mais que signifient ces termes à leurs yeux ? La rédaction de VRT NWS a posé la question aux sept chefs de groupe à la Chambre des représentants.

La N-VA plaide pour le confédéralisme

On le sait, la structure de l’Etat et la question communautaire sont des thèmes très importants pour la N-VA. Depuis des années, ses membres plaident pour ce qu’ils appellent le confédéralisme.

Pour le chef de groupe des nationalistes flamands, Peter De Roover, cette forme de gouvernance est simple. "Nous pensons qu’une couche belge très fine, et la totalité des compétences à la Flandre et la Wallonie, permettrait de façon démocratique et sans complexité structurelle, d’offrir à l’électeur ce qu’il a demandé dans l’urne", a-t-il expliqué. D’après lui, une telle structure est plus transparente, plus claire, moins compliquée et moins chère.

La scission pour le Vlaams Belang

La structure étatique est une priorité pour le Vlaams Belang, puisque le parti d’extrême droit plaide de longue date pour le séparatisme.

La cheffe de groupe, Barbara Pas, décrit ce système comme "la dissolution de l’Etat belge et la fondation d’un Etat flamand indépendant". D’après elle, l’actuelle structure étatique ne fonctionne pas, est trop compliquée, et empêche la Flandre de mener une politique efficace et sur mesure. "Ce n’est que via cette autonomie flamande que nous pouvons mettre à l’avant-plan les intérêts des Flamands, de nos gens", indique-t-elle.

CD&V: "une structure étatique n’est jamais achevée"

Selon le chef de groupe Servais Verherstraeten, la structure idéale de la Belgique est "un pays fort, avec des régions fortes, qui collaborent bien ensemble - au lieu de s’affronter – et qui soutiennent et renforcent la gestion politique de l’autre". Pour le CD&V, il est difficile de nommer une structure étatique spécifique, car celle-ci n’est jamais totalement achevée, et qu’il existe toujours une place pour le changement. "Une structure étatique est toujours ouverte à l’amélioration. Chaque réforme de l’Etat à ses défauts, même la sixième".

Le CD&V se dit favorable à une structure fédérale, à condition que le centre de gravité se trouve dans les régions, soit plus proche des citoyens. "C’est pourquoi le communautaire doit faire partie du programme du prochain gouvernement, quel que soit sa constitution".

Une meilleure collaboration pour l’Open VLD

Le fédéralisme est la structure belge idéale pour l’Open VLD. En d’autres termes, il faudrait tout simplement préserver le système actuel. Aux yeux du chef de groupe Egbert Lachaert, des améliorations sont toutefois encore possibles. "L’Open VLD veut pouvoir faire mieux avec moins d’impôts. Cela signifie que les autorités de notre pays doivent mieux collaborer entre elles, et que les compétences doivent mieux être délimitées".

Pour les libéraux flamands, c’est surtout entre les Régions qu’une meilleure collaboration est nécessaire.  

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Le SP.A veut refédéraliser certaines compétences

Le SP.A est en faveur d’une Belgique fédérale et désire même refédéraliser un certain nombre de compétences. Pour la cheffe de groupe Meryame Kitir, il en va de l’efficacité des politiques sur le terrain. "Prenez par exemple le climat. Cette compétence est actuellement éparpillée entre différents gouvernements. Pour nous, il est important de gérer cela au niveau fédéral, afin de pouvoir faire des lois et adopter des mesures qui comptent pour tous les Belges, sans distinction", indique-t-elle.

Selon les socialistes flamands, la sécurité sociale et le dossier des pensions doit également rester fédéral.

Pas un thème prioritaire pour Groen

Pour les écologistes flamands, le débat sur la structure étatique n’est pas la plus grande priorité. Aux yeux du chef de groupe Kristof Calvo, le climat, la lutte contre la pauvreté et les embouteillages sont des sujets plus importants. "Mais c’est évidemment un thème qu’on ne peut pas oublier. Notre pays peut être plus efficace et plus simple", a-t-il nuancé.

L’actuel système en place reste toutefois idéal pour Groen. "Rendre toutes les compétences à la Belgique n’est pas une bonne idée. Mieux vaut une Flandre forte dans une Belgique forte. On peut être Flamand et Belge à la fois, il ne faut pas choisir", a-t-il commenté. "Ce qu’il faut en revanche, c’est que les responsables politiques travaillent à nouveau davantage ensemble", d’où l’importance de plus de collaboration pour le parti.

Le PVDA pour une refédéralisation

Pour le parti du travail, la structure idéale est un Etat fédéral dans lequel l’efficience et la solidarité sont centraux. Le chef de groupe à la Chambre, Raoul Hedebouw, estime que le système actuel ne fonctionne pas. La solution serait, selon lui, de refédéraliser certaines compétences comme la mobilité, l’énergie et la fiscalité. "C’est tout de même inadmissible d’avoir quatre ministres de la Mobilité coincés dans les embouteillages", a-t-il réagi.

Les questions communautaires et la structure fédérale sont des thèmes importants pour le PVDA, car il considère être "le dernier et très fier parti national en Belgique". "Quand on entend que certains veulent scinder le pays, nous leur répondons : wij zijn één, nous sommes un".

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