Aarschot verse 1,6 million d’euros à un défenseur des voies lentes pour qu’il suspende ses plaintes

La ville d'Aarschot, en Brabant flamand, a décidé de payer 1,65 million d’euros à un activiste qui s'est plaint, par le biais de diverses procédures judiciaires, du fait que l’administration communale n’entretienne pas ses voies vertes. La ville pose une condition : que Marc Van Damme suspende ses plaintes. La fin du conflit est en vue dans la mesure où la ville s'est engagée à remettre ses voies lentes en bon état d'ici l'été, indiquait ce vendredi Me Marc Boes, avocat de la commune. Grâce à l’arrangement à l’amiable, Aarschot évite de grosses astreintes.

Marc Van Damme réside à Nieuwrode, à la frontière entre les communes de Holsbeek et Aarschot. Il consacre son énergie à traduire devant la justice les administrations communales qui n’entretiennent pas leurs "voies lentes". Il s’agit essentiellement de sentiers de promenade ou pour les cyclistes qui sont aménagés sur les chemins de halage et les anciennes lignes de chemin de fer. Elle possèdent souvent une riche végétation.

L’activiste s'était d'abord plaint du manque d'entretien des voies lentes dans sa commune de Holsbeek. Depuis lors, elles seraient en bonne condition, affirme Van Damme. Dès 2014, il a poursuivi ses actions contre la ville d'Aarschot. Cinq jugements ont ainsi été prononcés entre septembre 2014 et mars 2019.

A chaque fois, l'administration communale d'Aarschot a été condamnée à effectuer des travaux. La suite de procédures a abouti à des astreintes que la ville brabançonne devaient verser au plaignant. Leur montant est devenu tellement important qu’Aarschot a décidé de trouver un arrangement à l’amiable avec Marc Van Damme.

"Au total, les astreintes étaient montées jusqu’à un total de 4,7 millions d’euros. La ville versera maintenant 1,65 million à Marc Van Damme s’il suspend les procédures en justice. Entretemps, Aarschot a d’ailleurs effectué un entretien de la plupart de ses vois lentes. Elle a 6 mois pour entretenir le reste de ses voies vertes. Cela se fera en concertation avec Marc Van Damme. Nous espérons que l’affaire est ainsi clôturée", indiquait l’avocat Marc Boes.

Une dernière procédure est encore pendante devant la cour d'appel de Bruxelles. "L'affaire perd sa raison d'être de par la conclusion de cet accord et sera probablement classée", estimait Me Boes.

Patrimoine de valeur

La commune devra donc s’activer ces prochains mois, et c’est ce qui importe au défenseur du patrimoine naturel. "La raison de toute cette histoire est qu’Aarschot, comme d’autres communes, possède un patrimoine de valeur sous la forme de petits chemins de terre, qui sont fragiles. La loi oblige ces communes à entretenir ces voies vertes, mais elles ne le font souvent pas. L’astreinte qu’Aarschot a reçue, elle en est elle-même responsable".

Marc Van Damme compte investir la somme importante d’argent qu’il a reçue de la ville dans des projets en faveur de l’environnement.

Les plus consultés