Anvers rénove son béguinage : les maisonnettes historiques accueilleront de jeunes ménages

Le béguinage d’Anvers (photo) a besoin d’urgence d’une rénovation. L’évêché, qui en est le propriétaire, a conclu pour ce faire un accord avec la ville portuaire, qui va prendre en charge la restauration. La soixantaine d’habitants actuels devront déménager, à terme. La ville projette en effet d’y aménager des logements à prix modestes, destinés aux jeunes ménages.

Le béguinage anversois est installé entre le Marché aux chevaux et le Marché aux bœufs. Ses parties les plus anciennes ont près de 500 ans. Pour rappel, le premier béguinage anversois fut fondé en 1240, sur un emplacement situé hors des murs de la cité. Il connut une longue période de prospérité, jusqu’au moment où, en 1540, la municipalité anversoise décida de l’incendier pour empêcher qu’il ne serve de point d’appui à des troupes ennemies.

Le béguinage est alors reconstruit, dans l’enceinte de la ville, sur le site actuel. Sa dernière restauration date des années 1980. La ville prend maintenant le béguinage en bail emphytéotique. “Nous cherchions un partenaire pour mener à bien la restauration", expliquait le vicaire général Bruno Aerts. "L’évêché ne possède en effet pas de capital suffisant pour faire cette rénovation, et la gestion des biens immobiliers n’appartient plus aux tâches principales de l’évêché".

Loger de jeunes ménages

La ville d’Anvers reprend aussi les contrats de location des habitants actuels des maisonnettes du béguinage, aux mêmes conditions. Il s’agit de 47 maisons au total - de briques et grès, datant généralement du 17e siècle -, dont une dizaine sont vides. Une soixantaine de personnes y vivent encore. "Nous allons voir avec chaque locataire combien de temps il peut encore rester au béguinage", explique Fons Duchateau de l’entreprise communale AG Vespa, qui reprend le bail emphytéotique.

"Toutes sortes d’études doivent encore être menées, et il n’y a pas encore de projet de restauration. Les travaux ne commenceront donc pas avant 2 ou 3 ans. Autant que possible, ils débuteront dans les maisonnettes qui sont déjà vides. Nous voulons réaliser des maisons à prix abordables pour les jeunes ménages, car la demande est grande pour ce type de logements", précise Fons Duchateau.

Les travaux devraient durer de 10 à 15 ans au total. Le jardin et l’église du béguinage resteront accessibles au public. Pendant les travaux, ils pourront néanmoins être fermés temporairement, pour des raisons de sécurité.

"L’église sera encore utilisée", explique Bruno Aerts. "D’une part comme prolongement de l’église paroissiale du Marché aux chevaux, pour les baptêmes, mariages et enterrements notamment, et d’autre part parce qu’une association culturelle y organise des concerts, expositions et conférences". Construction néo-classique et néo-gothique de 1830 de l'architecte Pierre Bourla, cette église possède encore un chœur préservé du XVIe siècle et un portail du XVIIe siècle.

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