L’élection du nouveau président de l’Open VLD aura un impact sur la formation du gouvernement

"C’est un peu la chronique d’une candidature annoncée" : c’est ainsi que le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, qualifie la candidature d’Egbert Lachaert à la présidence de l’Open VLD. L’élection pour désigner le successeur de Gwendolyn Rutten se tiendra fin mars. Selon le journaliste, le résultat du scrutin pourrait avoir une influence non négligeable sur les négociations de la formation fédérale. 

Egbert Lachaert est actuellement chef du groupe Open VLD à la Chambre. Le député libéral est connu pour ses positions plus à droite au sein du parti. Selon le journaliste Ivan De Vadder, sa désignation à la tête de l’Open VLD pourrait influencer la forme que prendrait le prochain gouvernement. 

Libéralisme classique avec une touche moderne

Egbert Lachaert désire axé sa campagne sur trois thèmes centraux : le socio-économique, la sécurité et la justice, et l’intégration et la migration. 

Le chef de groupe veut ainsi revenir à un programme économique libéral classique, constate Ivan De Vadder. "Il faudra que davantage de personnes travaillent, afin d’être plus nombreux à profiter des avantages sociaux. Pour beaucoup de membres de l’Open VLD, la N-VA avait, à ce niveau, chipé trop de terrain aux libéraux. Cela avait même fait passer certains mandataires vers le camp des nationalistes flamands, comme par exemple Lorin Parys et Annick De Ridder", commente-t-il.

Selon le journaliste, Egbert Lachaert ajoute à ce libéralisme traditionnel une touche moderne en se concentrant sur la migration et l’intégration, des thèmes qui sont au cœur de l’actualité. Le chef de groupe de l’Open VLD estime ainsi que le système social est "trop facilement accessible", et qu’aucune concession ne doit par ailleurs être accordée à "l’extrémisme religieux". Pour Ivan De Vadder, le candidat se montre très ferme à ce niveau, même s’il refuse l’étiquette d’un libérale plus à droite. 

Dichotomie

Si certaines figures de proue, tel que Alexander De Croo, se rangent derrière Egbert Lachaert, les divisions au sein du parti apparaîtront de façon plus explicite autour de ces thèmes. D’après Ivan De Vadder, ce soutien n’est pas encore officiel, mais il est attendu. "On notera par ailleurs qu’Egbert Lachaert s’est montré opposé, fin novembre, à une coalition sans la N-VA, alors que la présidente Gwendolyn Rutten semblait ouverte à l’idée", remarque encore le journaliste politique.  

Se renforcer dans l’opposition ?

"Au niveau fédéral, deux options s’offriraient à Egbert Lachaert", explique Ivan De Vadder. "D’un côté, il pourrait décider de rejoindre les bancs de l’opposition. Dans une coalition violette-jaune, l’Open VLD n’est en principe pas indispensable. Depuis l’opposition, son parti pourrait ainsi plus fortement se profiler sur les thèmes sociaux-économiques, pendant que la N-VA gouverne avec le PS". "D’un autre côté, Lachaert peut également choisir d’à nouveau renforcer le ‘front flamand’, en resserrant au contraire les liens avec la N-VA et le CD&V", analyse-t-il.

Deux autres candidats se sont jusqu’ici également présentés pour reprendre le flambeau de Gwendolyn Rutten. D’après Ivan De Vadder, le bourgmestre d’Ostende, Bart Tommelein, est en quelques sortes le candidat de la continuité, alors qu’Egbert Lachaert représente le libéralisme traditionnel. La députée flamande, Els Ampe, est selon lui un phénomène à part, qui pourrait toutefois piquer des voix aux autres candidats. Il faudra attendre fin mars pour en savoir plus. "D’ici là, il y a peu de chances qu’une nouvelle majorité voit le jour", conclut le journaliste.