Un accord commercial classique avec le Royaume-Uni ne suffira pas, estime Jambon

Alors que le Royaume-Uni s’apprête à quitter l’Union européenne ce vendredi à minuit, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA, photo archives) estime qu’un "no-deal" avec Londres au terme de la période de transition qui s'ouvre samedi représenterait une perte économique énorme pour la Flandre. Mais il craint en outre que même un accord commercial classique aurait d'importantes conséquences négatives pour sa Région.

Si les deux parties (le Royaume-Uni d’une part et les 27 pays de l’Union européenne d’autre part) ne parviennent pas à s'entendre sur leur relation future - la phase 2 du Brexit débute ce 1er février jusqu'au moins la fin de cette année -, la Flandre risque d'y perdre 2,5% de sa richesse (PIB) et 28.000 emplois, a déclaré Jan Jambon (N-VA). Le ministre-président flamand rappelle des estimations déjà citées par le passé.

Mais même en cas d'accord classique, "l'économie flamande subirait une perte de 1,8% de son PIB", escompte Jan Jambon. Il plaide donc pour un accord le plus ambitieux possible, sans barrières tarifaires (droits de douane) ou non-tarifaires (normes, quotas, etc.), et pour la poursuite des coopérations en matière de sécurité, recherche, enseignement, agriculture, pêche, mobilité, notamment.

La législation européenne a déjà été modifiée pour permettre aux régions les plus touchées par le Brexit d'être soutenues par le Fonds de solidarité de l'UE et le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation. Mais la Belgique craint que les critères d'éligibilité à ces fonds soient trop restrictifs. La Flandre plaide pour un véritable fonds de garantie Brexit.

Dans un discours prévu début février, le Premier ministre Boris Johnson doit présenter ses ambitions d'arriver à un accord de libre-échange du même type que celui signé par l'UE avec le Canada récemment, sans alignement avec les règles européennes. Mais l'UE l'a déjà prévenu: à défaut de conditions équitables dans les domaines de l'environnement, du travail, de la fiscalité et des aides d'État, il ne saurait y avoir de large accès britannique au marché unique.

Ce qui ne ferait pas l'affaire de la Flandre. Les deux autres Régions de la Belgique sont également exposées au Brexit, mais dans une moins grande ampleur.