La Belgique manque d’énergie verte, "principalement à cause de la Flandre"

C’est aujourd’hui le Grey Day, jour où notre énergie renouvelable aurait été épuisée si on avait uniquement fait appel à celle-ci depuis le 1er janvier. Selon un récent rapport, la Belgique est parmi les moins bons élèves européens en la matière. Notre pays ne va d’ailleurs très probablement pas atteindre les objectifs européens de 2020. Une situation qui est principalement due à un déficit de la Flandre.

L’an dernier, le Grey Day est tombé le 4 février en Belgique. Le pays n’a ainsi enregistré qu’un petit jour d’amélioration cette année.

Nous sommes par ailleurs encore et toujours loin de l’objectif européen qui vise les 13% d’énergie renouvelable en 2020. Fin 2018, nous en étions à 9,4%, soit à peine 0,3% de plus que l’année d’avant. Pour atteindre l’objectif 2020, nous aurions dû gagner cette année entre 5 et 6 jours d’énergie verte.

"La faute à la Flandre"

En Belgique, les efforts énergétiques sont répartis entre les trois Régions. D’après Annemie Bollen, du Conseil socio-économique de Flandre (SERV), le nord du pays est toutefois le principal responsable de ce retard.

"Il semble que c’est surtout de la faute de la Flandre que nous n’atteindrons pas les objectifs de 2020. Elle n’a en effet pas atteint sa part d’énergie renouvelable, tout comme elle n’a pas atteint ses objectifs en matière d’économie d’énergie", explique Annemie Bollen. "La Wallonie semble parvenir à le faire, et a même dépassé ses objectifs. Mais cet excédent ne suffira apparemment pas à compenser le déficit de la Flandre", précise-t-elle.

"Pas de montagnes et peu de vent"

La ministre flamande de l’Environnement, Zuhal Demir (N-VA), n’a pour l’instant pas souhaité réagir. Son prédécesseur, Koen Van den Heuvel (CD&V), qui siège désormais à la commission flamande Environnement et Energie, a toutefois commenté la situation ce matin sur les ondes de Radio 1 (VRT).

"La Flandre a par nature peu d’atouts au niveau de l’énergie renouvelable", a-t-il défendu. "Nous avons peu d’espace, et pas de montagnes, donc nous ne pouvons pas compter sur l’énergie hydraulique. Nous avons en outre peu de soleil, et peu de vent", précise-t-il. "Par ailleurs, nous avons les parcs éoliens en mer, mais ils ne sont pas comptabilisés dans les chiffres flamands, car ils sont pris en considération au niveau fédéral", ajoute-t-il.

Selon Koen Van den Heuvel, la Flandre reste toutefois ambitieuse. "Nous voulons doubler notre énergie solaire et éolienne. Parallèlement, nous devons pleinement investir dans les projets innovateurs, tels que la grande usine hydrogène qui va être érigée à Ostende. L’ambitieux ‘Green Deal’ européen doit être un levier pour ce genre de projets", conclut-il.