Le Roi décharge de sa mission Koen Geens confronté au veto du PS envers la N-VA

Alors que le ministre de la Justice et vice-Premier ministre avait vu sa mission royale prolongée d’une semaine lundi, on apprenait soudain ce vendredi que Koen Geens (photo) était attendu au palais royal en début de soirée. Le ministre CD&V a remis au roi Philippe son rapport final. Le souverain a ensuite accepté de le décharger de sa mission. Le Palais a fait savoir vers 19h que le souverain entamera lundi des consultations pour déterminer la suite des évènements. Koen Geens a pris acte du veto des socialistes francophones à l’encontre des nationalistes flamands. Il ne juge cependant pas opportun pour le pays d’organiser de nouvelles élections.

"Le Roi a accepté la démission de Koen Geens de sa mission et exprimé son appréciation pour ses efforts et le travail réalisé", a indiqué le Palais ce vendredi soir. Koen Geens, chargé le 31 janvier dernier de la mission de "prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d'un gouvernement de plein exercice", avait succédé dans cet exercice au duo d'informateurs Joachim Coens (CD&V) - Georges-Louis Bouchez (MR).

Il devait normalement faire rapport au Roi lundi prochain. Mais il s’est déjà rendu au Palais ce vendredi soir pour faire son rapport final au souverain. Le vice-Premier ministre CD&V s'est ensuite exprimé face aux journalistes.

"Pour cette législature, le PS ne veut pas d'une coalition avec la N-VA. (...) Mais je suis convaincu que cette formule aurait été la meilleure chose pour le pays", a indiqué Koen Geens dans sa déclaration à la presse. Ce sont sans doute les déclarations du président du PS Paul Magnette, suivies de la réaction du président de la N-VA Bart De Wever plus tôt dans la journée, qui auront précipité les événements. Koen Geens a indiqué avoir voulu travailler avec les deux plus grands partis dans leur communauté (N-VA et PS) autour d'un axe central composé du CD&V et du MR.

"Il faut pouvoir avouer un échec"

Mais "un parti (le PS) s'est montré particulièrement non favorable à une alliance avec un autre parti (la N-VA)", a constaté Koen Geens. "Un veto définitif a été prononcé par le PS contre la N-VA", a-t-il ajouté. "Il faut pouvoir avouer un échec. Cela me désole de ne pas avoir pu consulter tous les partis. Mais je trouvais que continuer dans cette voie n'était plus utile après les déclarations de ces derniers jours", a expliqué Geens, ajoutant que son rapport n'était pas complet.

Le ministre a toutefois annoncé avoir rendu une note de 16 pages reprenant point par point les thématiques fédérales jugées importantes: le socio-économique, la sécurité, la justice, l'immigration, l'énergie, l'environnement et la mobilité. Chacune des propositions est complétée par des chiffres financiers concrets provenant des données du Bureau du Plan ou du service des pensions notamment.

"J'avais un plan très détaillé pour voir tous les partis pour compléter la note. Mais ce qui s'est passé m'a rendu cette tâche impossible. Ce sera à quelqu'un d'autre de voir si une autre formule peut être ressuscitée. Je l'informerai avec toute ma bonne volonté et la connaissance acquise ces derniers jours."

Nicolas Maeterlinck

De nouvelles élections ?

Koen Geens a d'ores et déjà précisé qu'il n'envisage toutefois pas l'option d'un retour aux urnes. Le vice-Premier avait été chargé le 31 janvier dernier de la mission de "prendre les initiatives nécessaires permettant la mise en place d'un gouvernement de plein exercice". Il avait succédé dans cet exercice au duo d'informateurs Joachim Coens (CD&V) - Georges-Louis Bouchez (MR).

Ce vendredi matin, Paul Magnette avait fait voler en éclats, par médias interposés, l'hypothèse déjà branlante d'une alliance liant son parti aux nationalistes flamands. "Combien de fois devrai-je encore dire que le PS n'a aucune envie de gérer avec eux?", avait martelé le Carolorégien.

"Nous prenons acte du diktat du PS", avait vertement rétorqué le président des nationalistes flamands Bart De Wever. "Le 3e parti du pays pense pouvoir dicter sa loi à tout le monde et mener des négociations dans les médias. Contrairement à ce que souhaite l'électeur flamand, il veut un gouvernement le plus à gauche possible, sans majorité en Flandre."

Dans la journée, le CD&V a de son côté rappelé qu'il ne souhaiter pas entrer dans une majorité sans la N-VA. A l'inverse, Ecolo a réitéré son souhait de passer à un plan B, sans la N-VA. Le Roi entamera des consultations lundi, jour où le PS se réunira en bureau.

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