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Trop peu de places dans les institutions fermées pour la jeunesse : "Cette mesure est une boite vide"

La procureure du Roi du parquet de Hal-Vilvorde, Ine Van Wymersch, souligne que les places dans les institutions fermées pour mineurs d’âge sont encore toujours trop peu nombreuses en Belgique. Certains jeunes suspects sont ainsi remis en liberté sous conditions. "C’est dommage. Si notre mesure la plus sévère s’avère être une boite vide, c’est très frustrant pour tous ceux qui travaillent dans le domaine de la sécurité", précisait la procureure à VRT NWS, à la suite d’une interview dans le quotidien Het Laatste Nieuws.

Six jeunes qui ont été appréhendés le week-end dernier dans le cadre d’une enquête liée au trafic de drogues ont été relâchés sous conditions. Pour quelle raison ? Un manque de place dans les institutions fermées pour mineurs d’âge, qui a forcé le juge de la jeunesse à renvoyer les suspects chez eux.

Ce n’est pas la première fois que des jeunes sont appréhendés pour faits graves, mais ne peuvent ensuite être envoyés dans une institution fermée pour mineurs d’âge. "C’est vraiment dommage", indique Ine Van Wymersch, procureure du Roi du parquet de Hal-Vilvorde et autrefois magistrate de la jeunesse au parquet de Bruxelles. "La police, le parquet, le juge de la jeunesse, tout le monde travaille d’arrache-pied pour donner à certains jeunes un signal fort. Mais si la mesure la plus sévère qui puisse être prise s’avère être une boite vide, c’est évidemment très frustrant pour tous ceux qui travaillent dans le cadre de la chaîne de la sécurité".

Ce n’est pas non plus un bon signal aux jeunes concernés, souligne Van Wymersch (photo). "Il est très important de donner un signal aux jeunes qui commettent des faits répressifs, dès le début. Cela ne doit pas nécessairement être tout de suite le placement dans une institution fermée. Une convocation au parquet ou des conditions peuvent aussi atteindre leur but. Mais il est important que dans les cas les plus graves ou pour les jeunes qui récidivent il y ait une solution appropriée et qu’ils puissent être placés".

"On admet en fait ne pas pouvoir réprimer les formes les plus graves de criminalité"

"Personne ne niera qu’on ne donne pas de signal musclé à un jeune si on lui dit : "Tu dois aller dans une institution fermée, mais il n’y a pas de place". Et on le laisse tout simplement rentrer à la maison. On reconnait alors qu’on n’est pas capable de réprimer les formes les plus graves de criminalité", insiste Ine Van Wymersh.

Mais le procureur souligne également que des mesures sont effectivement prises. "Le nouveau décret sur la délinquance juvénile nous donne toute une série de nouvelles possibilités. Nous pouvons travailler avec un système en cascade et par exemple mettre des conditions, en tant que parquet. Mais il faut bien entendu que cette cascade puisse être appliquée jusqu’au bout. Si c’est possible, nous pourrons travailler de façon encore bien plus ciblée".

Depuis le parquet, la procureure demande donc que toutes les possibilités puissent effectivement être utilisées. Tout en reconnaissant qu’une procédure est en cours au sein du parquet de Hal-Vilvorde pour l’engagement d’un nouveau criminologue. "Nous espérons qu’il ou elle arrivera aussi vite que possible, afin que nous ayons tous les outils pour lutter contre la criminalité".