Le président du CD&V se dit déçu par le PS : "Une coalition Vivaldi pas à l’ordre du jour"

Réagissant à la "démission" du ministre Koen Geens de sa mission royale, ce vendredi soir, le président des démocrates-chrétiens flamands Joachim Coens (photo) a dit vouloir attendre l’initiative que prendra le roi Philippe dès lundi. Interviewé ce samedi matin dans l’émission "De ochtend" sur Radio 1 (VRT), Coens a déclaré que de nouvelles élections n'offriraient pas la solution. Le CD&V semble s'accrocher à l'idée d'un prochain gouvernement fédéral dont devrait faire partie la N-VA. "Vivaldi reste un compositeur jusqu'à ce jour", déclarait le président du CD&V. Une coalition dite Vivaldi exclurait en effet la N-VA.

Le parti démocrate-chrétien flamand a vécu la Saint-Valentin avec la gueule de bois, alors que Koen Geens a dû jeter l'éponge comme informateur royal après les déclarations de Paul Magnette sur son refus de monter dans un gouvernement alliant le PS à la N-VA. "Quand est venu le temps de s'embrasser, il s'est enfui", a déclaré Joachim Coens.

La déception est grande vis-à-vis du PS: "La confiance a été endommagée, nous n'avons pas l'envie d'aller plus loin, d'essayer encore". Y a-t-il une chance de former une coalition Vivaldi, sans la N-VA mais avec le CD&V? "Vivaldi reste un compositeur à ce jour", a répliqué le président du CD&V sur les ondes de la VRT.

"Nous devons réfléchir ce week-end. Il reste plusieurs options sur la table. Ce pays a besoin d'un budget et les défis sont énormes." De nouvelles élections n'offriraient pas la solution pour les chrétiens-démocrates. "La population a fait son choix au mois de mai. Les politiques doivent maintenant travailler avec les cartes qui ont été distribuées". "Les élections ne sont pas une solution", a conclu Joachim Coens.

Selon Lachaert, le CD&V a limité le champ d'action de Geens

Egbert Lachaert (photo, au centre), candidat à la présidence de l'Open VLD, estimait vendredi soir que le PS n'est pas seul responsable de l'échec de la mission confiée à Koen Geens en vue de la formation d'un gouvernement fédéral. Si les déclarations très tranchées des socialistes francophones ont bien accéléré l'issue de la mission royale du vice-Premier, le CD&V est aussi fautif dans le sens où il a dès son entame limité le champ d'action de Koen Geens à l'exploration de la piste associant le PS et la N-VA, rejetant les autres options, expliquait Lachaert vendredi soir dans l’émission De Afspraak (VRT).

Egbert Lachaert voit des possibilités dans une coalition Vivaldi, associant socialistes, libéraux, écologistes et le CD&V. Ce n'est pas contradictoire avec l'opposition qu'il avait exprimée à l'époque à la direction que prenait Paul Magnette quand celui-ci était informateur.

"Une note de centre est bien plus acceptable qu'une note Magnette", résume-t-il. Le PS devra quand même prouver qu'il veut avancer en direction de l'Open VLD et du CD&V, s'il veut une coalition, nuance-t-il. Quant à la possibilité de nouvelles élections, elles n'apporteront rien, pense le député fédéral. "Elles n'ont de sens que s'il y a différentes pistes sur la table sur ce que l'on veut pour le pays."

"Donner sa chance à un gouvernement progressiste"

"Il serait irresponsable d'aller aux élections sans donner une chance à une coalition progressiste", a déclaré pour sa part Kristof Calvo dans une interview accordée au quotidien De Tijd ce samedi. Le chef de groupe écologiste à la Chambre tente une offensive de charme auprès du CD&V. "Nous partageons pas mal de leurs revendications."

Maintenant que Koen Geens (CD&V) a démissionné de son poste d'informateur, il reste, selon Kristof Calvo, une solution: la coalition "progressiste" mêlant les libéraux, les socialistes, les verts et les chrétiens-démocrates. "Il serait irresponsable d'aller aux élections sans donner une chance à cette constellation."

La figure de proue des écologistes flamands veut construire une alliance progressiste - dite coalition Vivaldi - autour du Green Deal, cet ambitieux plan de la Commission européenne qui instaure le climat comme priorité et que notre pays doit mettre en oeuvre. "Au Parlement européen, les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates, les libéraux et les verts ont montré qu'ensemble on pouvait accomplir de nombreuses choses. La formule devrait marcher chez nous aussi", a ponctué Kristof Calvo (photo archives).