Enième échec des négociations fédérales: et maintenant, on va où?

Alors que vendredi dernier, le chargé de mission royale Koen Geens (CD&V) a jeté l’éponge, le roi Philippe a entamé ce lundi après-midi de nouvelles consultations des présidents de parti. Cette "pause" devrait durer au moins jusque mercredi soir. Beaucoup se demandent ce que le roi va encore pouvoir sortir comme carte. D’autres continuent de se poser des questions sur les scénarios encore possibles. Une coalition Vivaldi a-t-elle encore des chances de voir le jour ? Ou bien sommes-nous voués à retourner aux urnes ? Le journaliste politique de la VRT, Ivan De Vadder, analyse la situation.

"Ce qui est sûr, c’est que le puzzle est devenu encore plus compliqué", indique le journaliste. "Si l’on cherche à aboutir à une solution, le CD&V en fait partie, qu’on le veuille ou non. Qu’il s’agisse d’une formule avec ou sans la N-VA. Mais le fossé entre le PS et le CD&V s’est quelque peu élargi, ce qui tend à rendre les choses encore plus difficiles", estime-t-il.

D’après Ivan De Vadder, on peut désormais supprimer, à court terme, l’option d’une coalition violette-jaune (entre les partis libéraux, socialistes et la N-VA). "Les évènements de ce week-end l’ont une fois de plus démontré".

Quid de la Vivaldi ?

Doit-on dès lors dépoussiérer la coalition Vivaldi ? Celle-ci regrouperait les partis libéraux (MR et Open VLD), socialistes (PS et SP.A), écologistes (Ecolo et Groen) et le CD&V autour d’une majorité.

"C’est la seule solution qui se dégage pour le moment", estime Ivan De Vadder. Mais la formule demeure loin d’être évidente. "Elle n’est en effet pas constituée d’une majorité côté flamand. Et on a remarqué ce lundi matin comment Theo Francken et la N-VA ont pu facilement y réagir, en dénonçant le dictat de Charleroi, et la soumission des autres partis flamands", ajoute-t-il.

"Le SP.A est par ailleurs superflu dans la Vivaldi. Certains socialistes flamands hésitent dès lors à s’y embarquer. L’Open VLD veut, lui, recevoir suffisamment de place, mais on peut se demande si le PS est prêt à lui en accorder", précise-t-il.

"Discours de campagne"

Depuis vendredi, de nombreux observateurs estiment que nous avons fait un pas de plus vers des élections anticipées. C’est également le cas du journaliste de la VRT. "Jusqu’ici, je disais qu’on marchais comme des somnambules vers un nouveau scrutin. Mais depuis la démission de Koen Geens, on s’est un peu réveillés", commente Ivan De Vadder.

"En regardant les interventions des présidents de partis et de Koen Geens de ce week-end, j’ai constaté que les programmes des partis ont principalement été mis en avant. Chacun a fait place à ses propres revendications et à ses propres souhaits. Les responsables politiques ont en quelques sortes déjà commencé à tenir des discours de campagne. Et je crois donc qu’on s’est ainsi un peu plus rapproché de nouvelles élections", conclut Ivan De Vadder.

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