Dalle s’en prend à Magnette, accusé d’être "irresponsable" et "saboteur du système"

La manière dont le président du PS a "torpillé" les efforts de formation fédérale de Koen Geens (CD&V), vendredi dernier a apparemment laissé un goût amer au CD&V. C’est ce qu’a déclaré le ministre flamand des Médias Benjamin Dalle (CD&V) ce mardi matin, au micro de l’émission "De ochtend", sur Radio 1 (VRT). "Magnette se comporte en saboteur du système et en allié objectif des séparatistes", a-t-il déclaré. Paul Magnette a lui-même critiqué via Twitter l'attitude de Koen Geens (CD&V) et de Bart De Wever (N-VA), et leurs "contrevérités et attaques personnelles".

Alors que Benjamin Dalle, en tant que ministre des Médias, était surtout venu expliquer en studio les changements au sein de la VRT, il a également été interrogé sur la façon dont son collègue de parti, Koen Geens, avait été "mis à l'écart" par le président du PS, Paul Magnette, lors des négociations fédérales.

Ce dernier avait définitivement fermé la porte à une coalition avec la N-VA, vendredi dernier. A la suite des sorties très tranchées du président du PS dans la presse, le chargé de mission royale Koen Geens avait en effet rendu prématurément son tablier ce jour-là.

Le Roi a entamé à l'issue du week-end un nouveau round de consultations des présidences de partis, pour déterminer la suite des évènements, alors que la piste associant PS et N-VA semble bel et bien épuisée.

"Magnette se comporte en allié objectif des séparatistes"

"Cela a fait mal", admet mardi Benjamin Dalle, "nous sommes un parti qui prend ses responsabilités et qui veut faire des progrès sur le contenu, mais avec de telles déclarations publiques vous ne faites pas avancer les choses".

Le ministre flamand se dit nostalgique du PS d'Elio Di Rupo. Avec ce PS-là, "nous avions mené une importante réforme de l'Etat après des négociations en coulisses sur des sujets délicats". Selon le ministre flamand en charge de Bruxelles, de la Jeunesse et des Médias, il manque à l'actuel président du PS, successeur d'Elio Di Rupo, les manières d'un homme d'Etat, le "staatsmanschap" que l'on retrouvait au PS sous Di Rupo.

"En disant qu'il ne veut pas gouverner avec une majorité côté flamand, en tant que président du plus grand parti wallon, il se positionne en saboteur du système", lance Benjamin Dalle. "Par ses déclarations publiques, il se comporte en allié objectif des séparatistes".

"Des réformes importantes sont impossibles avec une minorité en Flandre"

La position du CD&V a toujours été "extrêmement claire", dit-il. "Nous sommes confrontés à des défis majeurs : le budget doit être abordé, des réformes fiscales, des réformes de la sécurité sociale, à long terme également des réformes communautaires et des questions éthiques, ... Si vous faites des réformes aussi importantes, ce n'est pas possible avec une minorité flamande".

L'appel du CD&V au PS et à la N-VA est donc clair, déclare Benjamin Dalle. "Faites ces négociations comme il se doit, dans le respect des positions de chacun".

Paul Magnette a lui-même répondu mardi via Twitter aux critiques à son encontre, plus spécifiquement celles de l'ex-missionnaire royal Koen Geens et du président de la N-VA, Bart De Wever: "J'invite Koen Geens et Bart De Wever, qui se répandent en contrevérités et attaques personnelles depuis trois jours, à prendre un peu de hauteur. Ce genre d'attitudes n'aide pas à trouver des solutions", écrit-il.

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