La Flandre supprime le paiement rétroactif des allocations familiales aux réfugiés

Le gouvernement flamand a décidé ce vendredi de supprimer le paiement rétroactif d'allocations familiales aux réfugiés qui ont été officiellement reconnus. La mesure inscrite dans l'accord de majorité N-VA/CD&V/Open VLD avait fait couler beaucoup d'encre à la suite de propos tenus par le ministre-président, Jan Jambon, à la fin de l'année passée. "Ce n’est qu’à partir du moment où des réfugiés sont reconnus qu’ils peuvent bénéficier des mêmes avantages que d’autres personnes", explique Jambon.

Les personnes qui sont reconnues en tant que réfugiés, dès lors qu'elles sont dans les conditions pour recevoir des allocations familiales, ont actuellement droit à un paiement rétroactif au jour où la demande d'asile a été introduite.

Dans la presse, Jan Jambon avait affirmé que, vu la longueur de certaines procédures, des familles pouvaient acheter une maison grâce à ce montant. La déclaration avait été jugée excessive et caricaturale, et au sein de la majorité flamande avait suscité la réaction courroucée de la présidente de l'Open VLD, Gwendolyn Rutten. La libérale avait dénoncé une "légende urbaine d'extrême-droite".

La suppression de la rétroactivité a été actée ce vendredi sur proposition du ministre du Bien-être, Wouter Beke. "La mesure que nous supprimons aujourd'hui manquait son but. Toute personne qui demande l'asile a déjà droit à être logée et nourrie. Le paiement rétroactif des allocations familiales était redondant", a expliqué le ministre-président Jambon dans un communiqué.

"Il est important que les moyens du 'paquet de croissance' ('Groeipakket', la nouvelle dénomination des allocations familiales en Flandre) soient investis de la manière la plus correcte possible. Que la catégorie des réfugiés reconnus bénéficie deux fois d'un soutien partait d'un bon sentiment mais n'était pas défendable. Comme promis lors de la formation du gouvernement flamand, nous nous sommes attaqués à cette anomalie", précisait Wouter Beke.