"Le carnaval d’Alost dit en fait aux juifs qu’ils font partie intégrante de notre fête"

Dans une opinion publiée samedi par le site d’info de la VRT (VRT NWS), Erik Buys, écrivain et professeur de religion dans un collège d’Alost, estime que le carnaval satirique de sa ville est un évènement qui rend l’inclusion possible. "De façon paradoxale, les carnavaliers d’Alost disent à la communauté juive : vous êtes une partie intégrante de notre fête des caricatures", estime-t-il. Dimanche, le fameux défilé a de nouveau fait polémique. Pas moins de 5 groupes carnavaliers sur 6  ont choisi d’ironiser sur le thème des caricatures antisémites.

"Le carnaval n’est pas une affaire sérieuse. C’est une fête de goût et de mauvais goût", commence par souligner Eric Buys. "Le carnaval relativise chaque identité. On y colorie en dépassant les lignes, et tout le monde est égal face cette loi. Ce n’était pas le cas chez les nazis. Dans leurs cortèges, des inégalités étaient créées", nuance-t-il.

Aux yeux de l’écrivain, le vrai carnavalier ne se prend pas au sérieux. "L’humour qui ne peut pas se relativiser n’est pas de l’humour", estime-t-il.

Paradoxe

"Il est vrai que les caricatures juives restent chargées de symboles explicites d’un passé antisémite, mais les carnavaliers alostois refusent de s’incliner face à cette histoire", indique encore Erik Buys. "Le fait que ces caricatures sont connues pour exprimer de l’antisémitisme ne signifie pas qu’elles doivent le rester pour toujours. Ce n’est pas parce qu’ailleurs dans le monde, les juifs sont exclus ou opprimés, qu’ils le sont aussi à Alost".

"De façon paradoxale, le carnavalier d’Alost dit à la communauté juive : vous faites partie intégrante de notre fête des caricatures. L’ADN du carnaval d’Alost, c’est précisément le fait de relativiser afin de rendre une inclusion possible", conclut-il.

Nicolas Maeterlinck