Joachim Coens plaide pour une coalition "corona" pour contrecarrer l’impact économique du virus

Après la coalition fédérale violette-jaune et la Vivaldi, voici la "coalition corona". Une proposition lancée par le président du CD&V et ex-informateur royal Joachim Coens (photo archives), qui estime qu’un gouvernement "combatif" est nécessaire pour s'attaquer à l'impact économique de l'épidémie de coronavirus.

Bien que le risque d’épidémie du nouveau coronavirus en Belgique reste très modéré, les conséquences économiques de sa propagation progressive jusqu’en Europe depuis la Chine sont déjà tangibles. Le Bel20 (l’indice boursier national de la Bourse de Bruxelles) a ainsi perdu jeudi près de 5%, ce qui est son plus mauvais résultat depuis le 24 juin 2016 - le jour du referendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Les actions du groupe brassicole AB InBev - l’une des entreprises reprises dans le Bel20 - ont même perdu près de 11%. Le géant brassicole indique entretemps avoir perdu déjà 285 millions de dollars en Chine au cours des deux premiers mois de 2020 en raison de commandes qui n’ont pas été passées à la suite de l’apparition du coronavirus.

La Belgique attend encore toujours la formation d’un gouvernement fédéral, ce qui l’empêche de faire des adaptations de fonds dans la répartition des budgets. Elle travaille depuis des mois avec des douzièmes provisoires, à savoir un douzième du budget de l’an passé. La crise due au coronavirus va-t-elle enfin donner une accélération à la formation d’un gouvernement fédéral ? "Pareille crise a un énorme impact économique, qui nécessite des mesures musclées de la part d’un gouvernement combatif", indiquait le président du CD&V Joachim Coens ce vendredi matin sur les ondes de la VRT.

"Peut-être pouvons-nous parler d'une coalition 'corona' de ceux qui veulent faire quelque chose, mettre le budget en ordre, s'occuper de la compétitivité et améliorer le pouvoir d'achat des gens", expliquait encore Coens, estimant qu’un gouvernement stable est important mais que le contenu de l’accord de gouvernement l’est tout autant.

Le 19 février, le Roi chargeait les présidents de la Chambre et du Sénat, Patrick Dewael (Open VLD) et Sabine Laruelle (MR), de prendre les contacts nécessaires pour former un gouvernement de plein exercice (photo). Les deux libéraux ont annoncé qu'ils travailleraient dans la plus grande discrétion. A entendre Joachim Coens dans l’émission "De ochtend" (Radio 1), ils ont eu des contacts durant cette semaine notamment avec le CD&V.

Les chrétiens-démocrates flamands sont toujours disposés à discuter, mais continuent à plaider pour une coalition qui aurait une majorité de part et d'autre de la frontière linguistique, ce qui implique la présence de la N-VA. Parmi les thèmes de discussion, le président du CD&V met en avant une fiscalité plus juste à l'heure où il apparaît que, l'an passé, 172 milliards d'euros ont quitté la Belgique pour aller dans des paradis fiscaux. Il souhaite examiner les recommandations de la commission parlementaire "Panama Papers" qui pourraient encore être mises en œuvre.

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