Coronavirus : "Faire des stocks de produits de première nécessité, c’est irrationnel"

Le coronavirus inquiète de plus en plus de gens et cela commence à se voir dans les supermarchés. De nombreuses grandes surfaces ont rapporté s'être fait "dévaliser" par des clients inquiets à l'idée de devoir être mis en quarantaine.

Certains rayons sont vides, ce sont surtout les bouteilles d’eau, le sucre, les pâtes, les conserves et le papier de toilette qui ont le plus de succès, comme on a pu le remarquer au Colruyt d’Overijse. "Mais il n'y a pas de pénurie", déclare Chris Van Wettere, directeur général de Colruyt.

"Il y a non seulement le coronavirus mais aussi le début du mois et la fin des vacances de carnaval qui sont en cause. On note en effet une augmentation des ventes de produits de longue conservation, comme la farine, le riz et le sucre, mais aussi les produits de lessive. Les gens achètent donc un peu plus que d'habitude pour faire des stocks de produits".

"On a vendu dix pour cent de plus, donc on ne peut certainement pas parler de réserves, mais on peut parler d'une belle vente supplémentaire", a déclaré Chris Van Wettere à Radio 2 Vlaams Brabant. "Nous disposons d'un système d'approvisionnement où nous pouvons réagir très rapidement, comme cela se passe lors des chaudes journées d'été où nous surveillons nos stocks de boissons tous les jours. Mais il n'y a pas de pénurie pour le moment".

Avoir une bonne hygiène des mains est très important et chez Colruyt on y fait très attention. "Nous avons temporairement arrêté nos dégustations de produits non emballés, comme le fromage ou les olives mais vous pouvez toujours goûter du café ou du vin", ajoute Chris Van Wettere.

Est-ce utile de faire des réserves ?

Pour Gino Van Ossel, professeur à la Vlerick Business School, interrogé ce mardi dans l’émission "De ochtend" (VRT), "le fait de faire des réserves provoque un effet boule de neige. Il y a des gens qui par nature veulent prendre moins de risques que d’autres. Ils se disent :"supposons que je me retrouve en quarantaine à la maison. Et ils commencent alors par stocker et puis la contagion joue, ce qui donne lieu à des comportements irrationnels", explique Gino Van Ossel.

"D’autres personnes qui ne s’inquiètent pas, lisent dans leurs journaux ou entendent à la radio que les rayons des supermarchés se vident. Ils ne veulent manquer de rien et commence également à faire des stocks. Et en très peu de temps tout le monde s’y met. Il n'y a absolument aucune raison à cela et c'est inefficace. Il s'agit de petites augmentations du volume de ventes. Mais c'est de la psychologie de masse qui ne repose sur rien. Il n'y a aucun risque de rupture de stock".

"Il est préférable que les industries réagissent  à cette situation", ajoute Gino Van Ossel. "Si vous vendez plus de détergent ou de ravioli en conserve aujourd'hui, vous en vendrez moins dans un ou trois mois. Et ce genre de fluctuation de la demande entraîne des coûts supplémentaires d'approvisionnement ou des pics de demande dans les usines. Vous pouvez comparer cela à la période de fin d'année". Comment éviter que les gens fassent des réserves  ? "Il faut que les médias découragent les gens d’adopter un tel comportement", conclut sans hésitations Gino Van Ossel.