Première commande d’un bateau de pêche belge depuis vingt ans

Les pêcheurs flamands reprennent du poil de la bête. Pour la première fois en près de 20 ans, un armateur flamand a commandé un nouveau bateau dans un chantier naval aux Pays-Bas. Et d’autres vont suivre. Au total une dizaine d’armateurs pensent faire construire de nouveaux chalutiers.

Le nouveau bateau de pêche a été commandé par Eddy Cattoor. Mais d’autres commandes vont suivre certainement. Cinq contrats ont déjà été conclus pour la commande de bateaux. Un chalutier de pèche coûte entre 5 et 7 millions d’euros.

"Nous ne pouvons pas faire autrement", explique Eddy Cattoor. "En principe la durée de vie d’un bateau de pêche est de dix à quinze ans. Et s’il est bien entretenu vous pouvez le conserver plus longtemps. Mais alors on aura des bateaux vraiment très vieux. Notre flotte belge compte aujourd'hui de nombreux chalutiers qui ont trente et même quarante ans. Les plus récents ont vingt ans. Ainsi mon chalutier date de 1982", confie encore Eddy Cattoor. "Il faudra donc soit investir dans de nouveaux bateaux, soit arrêter la pêche en mer en Flandre".
 

Climat favorable aux investissements

Le fait que les armateurs décident d'investir actuellement est également dû au climat économique favorable. Le prix du poisson est plus élevé que par le passé. Les prêts sont bon marché, les prix du carburant ne sont pas trop élevé et surtout, les gens apprécient à nouveau notre poisson. Selon les pêcheurs, leur produit connait de plus en plus de succès.

Environ 65 bateaux naviguent encore sous pavillon belge. Une vingtaine appartiennent à des Flamands et le reste sont aux mains d’étrangers : des Néerlandais, Anglais, Espagnols et même un Canadien. En 1990, il y avait encore 210 bateaux de pêche et tous aux mains de Belges.
 

Le Brexit inquiète malgré tout

Les marins pêcheurs belges espèrent pouvoir continuer à prélever des stocks de poissons dans les eaux territoriales britanniques au-delà de l'échéance du 31 décembre, sans quoi ils comptent sur l'Union européenne pour un soutien financier. Les pêcheurs britanniques veulent retrouver l'exclusivité des riches stocks poissonniers de leurs eaux territoriales, qui restent accessibles aux pêcheurs européens jusqu'au terme de l'actuelle période de transition, le 31 décembre prochain.

L'Union européenne souhaite le maintien d'"un accès réciproque aux eaux territoriales" alors que Londres entend redevenir un "Etat côtier indépendant" et négocier chaque année l'accès à ses eaux. L'UE a d'ores et déjà prévenu qu'il n'y aurait pas de traité commercial sans accord sur la pêche.
 

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