Le CD&V persiste et signe : "Il faut un gouvernement fédéral avec une majorité en Flandre"

Le Bureau politique du CD&V soutient le fait que le prochain gouvernement fédéral doit s’appuyer sur une majorité en Flandre. Ces derniers jours, le CD&V a mené une enquête en ligne auprès de ses membres et militants : 63 % d'entre eux estiment qu'une majorité flamande est nécessaire au fédéral.

Faut-il former un gouvernement entre le PS et la N-VA bénéficiant d’une majorité en Flandre ou une coalition Vivaldi entre socialistes, libéraux, écologistes et démocrates-chrétiens ? Jusqu’à présent le CD&V refusait de faire le choix. Lorsqu’on leur posait la question, de nombreux mandataires CD&V renvoyaient la balle dans le camp des autres partis. Le CD&V a donc organisé un sondage auprès de ses membres et militants.

Près de deux tiers des militants du CD&V, sondés par le parti, estiment qu'un gouvernement fédéral doit s'appuyer sur une majorité en Flandre, a fait savoir lundi le président, Joachim Coens, à l'issue d'une réunion du Bureau politique.
Une majorité dans le groupe linguistique flamand de la Chambre implique la présence de la N-VA, dont ni le PS, ni Ecolo ne veulent.

"La N-VA doit avoir la chance de participer pleinement à la formation d'un gouvernement fédéral", a ajouté Joachim Coens.
 

L'enquête conforte la stratégie suivie par le parti

Au total, 7.100 militants ont pris part à l'enquête en ligne, soit 4.200 le samedi et 2.900 le dimanche. Des doutes ont ensuite été formulés sur la fiabilité de l'opération qui a finalement été arrêtée lundi matin pour éviter des manipulations. Le président se dit toutefois convaincu qu'aucun problème ne s'est posé. Les résultats de samedi et de dimanche donnent d'ailleurs la même tendance.

L'enquête conforte la stratégie suivie jusqu'à présent par les démocrates-chrétiens flamands: 63% des répondants veulent une majorité en Flandre et 37% estiment qu'un gouvernement doit de toute façon voir le jour, même avec une minorité flamande.

D'autres questions étaient également posées sur les priorités que le parti doit défendre. Le pouvoir d'achat et une fiscalité juste d'une part et des soins proches, payables et accessibles d'autre part arrivent en tête.
"C'est notre tâche de tenir compte de ces thèmes et d'avoir l'ambition d'atteindre une majorité flamande", a souligné le président.

Le CD&V continuera à répondre à toutes les invitations à discuter "mais nous trouverions incompréhensible que chaque parti démocratique ne reçoive pas la chance de participer pleinement à la formation d'un gouvernement", a-t-il poursuivi.

Parfois, il faut maintenir le cap pour garder sa crédibilité
Servais Verherstraeten

A 16h, les chargés de mission royale Sabine Laruelle (MR) et Patrick Dewael (Open VLD) feront rapport au Roi. Les entretiens qu'a eus le CD&V avec les présidents du Sénat et de la Chambre allaient plutôt dans le sens d'une coalition Vivaldi, soit les socialistes, les libéraux, les écologistes et le CD&V, a reconnu Joachim Coens. Mais pour ce dernier, il faut explorer l'autre direction, à savoir une coalition impliquant la N-VA.

"Parfois, il faut maintenir le cap pour garder sa crédibilité." "Une majorité flamande est toujours meilleure et extrêmement importante", estime également le chef de fraction à la Chambre, Servais Verherstraeten.

Cela signifie-t-il "la fin d’une Vivaldi ? Pas vraiment. "Tout est possible en politique", déclare l'ancien Premier ministre Mark Eyskens. De préférence un gouvernement fédéral avec la N-VA pour le CD&V, mais un autre scénario n'exclut pas non plus le parti.

 

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